LES CAUSES PROFONDES DU MAL DIAGNOSTIQUÉES PAR LES ACTEURS

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Migration irrégulière à Saint Louis

Depuis quelque temps, il y a une recrudescence du phénomène de l’immigration irrégulière. Les zones côtières restent les principales zones de départ des candidats. Saint-Louis en est un exemple. La ville tricentenaire a enregistré ces quatre derniers mois plusieurs départs. Mais 365 de ces candidats ont été interceptés et renvoyés chez eux. Même si la prise en charge de ces migrants de retour fait défaut, les associations de la société civile s’organisent, tant bien que mal, pour les aider dans leur réintégration sociale. ‘’ Il y a une semaine, j’ai retourné un gosse de 14 ans chez ses parents’’, révèle le responsable de l’Association du Mouvement Humaniste de Saint-Louis, Mamadou Gueye.

Dans le cadre du projet Migrants-Syndicat, le Réseau pour la défense des droits des migrants a tenu des ateliers d’échanges et de partages avec les organisations qui s’activent sur la sensibilisation par rapport à la migration irrégulière. Il ressort de ces rencontres que le phénomène de la migration irrégulière reste encore problématique à Saint-Louis et environ. Et, la voie maritime n’est pas seulement l’unique chemin des candidats. ‘’ Ceux qui font l’immigration par la voie terrestre sont plus nombreux que ceux qui empruntent la pirogue’’, a indiqué le point focal de la Diaspora Développement Éducation et Migration, Pape Moussa Fall.

Selon lui, l’autre facteur qui favorise le phénomène de la migration irrégulière, est les agences de placement. Elles recrutent des femmes pour les convier dans les pays du Golfe sur la base de contrats illégaux, ou tout au moins, pas reconnu par la législation sénégalaise. ‘’ L’État devrait s’intéresser à ces agences pour les réguler. Ce sont des agences qui ne fonctionnent sur aucune base légale.

Les motivations au voyage à l’émigration chez les migrantes varient. Mais le constat général montre un lien direct avec la pauvreté que traversent les familles sénégalaises. Le moteur principal de cette résolution est, certes, la recherche de travail, mais il ressort des discussions que des candidats sont partis clandestinement alors qu’ils avaient du travail ici. Les propos d’une migrante de retour sont sans équivoque : « C’était juste la pauvreté qui m’avait poussée à l’émigration irrégulière ». C’est dire que la recherche de profit pour subvenir aux besoins de la famille, la recherche d’une plus grande autonomie financière ainsi que l’influence des amies émigrées « aux retours réussis » constituent des sources de motivation pour les victimes de la migration irrégulière.

Selon le représentant local de la Croix-Rouge, Maodo Diagne, les pirogues de fortune qui ont quitté Saint-Louis ces derniers mois sont nombreuses. Faute d’alternative, le phénomène de l’immigration clandestine atteint un niveau alarmant à Saint-Louis. Des familles sont en train de se disloquer à cause du fléau.

« Si aujourd’hui, il y avait une pirogue qui part, les jeunes allaient partir. Je le dis, parce que, parmi les candidats, il y a des gens diplômés qui n’ont aucun emploi », a déploré l’activiste Souleymane Yade.

Il est important de garder à l’esprit que la plupart de ces initiatives de quitter le pays, parfois par des moyens illégaux, sont prises en charge et parrainées par leurs parents. Certains d’entre eux n’hésitent pas à vendre leurs biens, bijoux ou autres ressources pour couvrir le montant requis pour l’aventure périlleuse. Il est signalé que les candidats déboursent environ 400 mille avant l’embarquement.

C’est pourquoi, le coordonnateur de l’Amohs (association du Mouvement Humaniste de Saint-Louis) appelle les acteurs à aller plus loin dans la sensibilisation. « Il faut informer les parents sur les dangers et la situation économique actuelle de l’Europe », a déclaré Mamadou Gueye.

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