LES CHAUDES RÉVÉLATIONS DE FATOU JALLOW : « JAMMEH ME DISAIT DE NE PAS PLEURER, QUE JE... »

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AGRESSION SEXUELLE

Fatou Jallow est rayonnante. Sa chemise blanche et son pantalon noir mettent bien en valeur ses formes généreuses. Une beauté qui fait oublier les cernes sur ses yeux. Derrière la silhouette de rêve : un drame. Toufah, comme on la surnomme accuse l’ancien président gambien, Yahya Jammeh, de violences sexuelles. Face à la presse, ce mercredi, elle a expliqué les circonstances dans lesquelles l’ancien président gambien a abusé d’elle. Un jour noir qu’elle n’oubliera jamais. « Les faits remontent à 2015. Ce jour-là, Jimbee Jammeh, une cousine de Yahya m’avait appelé pour me dire qu’en tant que reine de beauté, je devais rencontrer le président de la République. Je pensais que ce serait pour valider le projet que je lui avais soumis. Mais, elle m’a fait savoir que c’était pour assister à une cérémonie religieuse marquant le début du ramadan. Une fois à la State House, j’ai été conduite dans une pièce où Yahya Jammeh m’a trouvée. Au cours de notre discussion, il a fait savoir qu’il voulait m’épouser. J’étais très surprise. Je ne le prenais pas au sérieux. Je pensais que c’était un test. Il a insisté en réitérant sa demande. Je ne comprenais pas son revirement car, après mon sacre en tant reine de beauté, c’est lui qui m’encourageait à poursuivre mes études. Je lui ai répondu que je n’étais pas prête pour le mariage. Je lui ai également signifié que je ne voulais pas me marier avec lui parce que j’avais l’âge de sa fille », raconte Fatou Jallow.

Il m’avait promis des biens

« Il m’avait promis des biens (villa, moto...). Je lui ai dit non. Il m’a dit ’’ tu es folle, comment peux-tu refuser cet honneur d’épouser un président de la République. Aucune ne me résiste’’. Je lui ai rétorqué que je n’étais pas obnubilée par le statut de Première dame. Il m’a conduit dans une chambre et a commencé à me violer. Je me débattais de toutes mes forces et usait de mes cordes vocales pour ameuter les gens. Il m’a dit ’’ne te fatigues pas, personne ne viendra à ton secours. Je criais à tue-tête. Mais, à un moment donné, je n’avais plus la force de l’empêcher de commettre son acte. Il me violait avec violence, je pleurais. Il me disait ’’ Boule Dioye, Da faye nekh’’ (Ndlr : Ne pleures pas, tu jouiras). Après avoir satisfait sa libido sur moi, il a mis son grand caftan, pris son Coran et sa canne avant d’aller présider le Gamou ».

Rentrée chez elle, Fatou Jallow n’a pas osé raconter sa mésaventure. « Une fois chez moi, je suis allée sous la douche pour laver cette souillure. Je n’avais rien dit à mes parents. Je ne voulais pas que l’affaire s’ébruite parce que ma vie et celle de ma famille en dépendaient. Je faisais comme si tout allait bien. Or, au fond de moi, j’étais triste et dégoutée. Je pensais qu’il allait s’arrêter là mais quelques jours plus tard, Jimbée m’a rappelée pour me convoquer à la State House. J’ai su que Yahya Jammeh voulait récidiver son acte. J’ai pris ainsi la décision de quitter la Gambie. Je me suis déguisée en Hijab pour prendre une pirogue afin de pouvoir traverser la rive et rejoindre le Sénégal ».

Aujourd’hui, Fatou réclame justice. Elle veut que le président Yahya Jammeh réponde de ses actes.

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