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LES CHAUFFEURS DE TAXI BRISENT LE SILENCE ET INTERPELLENT

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Un taximan a été tué à Thiès avant d’être jeté dans un canal. Un autre a été tué par Ousseynou Diop d’une balle dans la tête. Et la dernière en date c’est le taximan qui a été tué puis abandonné au Point E. Cette situation inquiétante a fait que les conducteurs de taxi ont brisé le silence pour interpeller l’Etat du Sénégal. Retrouvé non loin du rond-point Jet d’eau, Serigne Saliou, chauffeur de taxi pense que l’Etat doit renforcer la sécurité dans la capitale. « Ceux qui travaillent la nuit le font avec beaucoup de risques. Il devait y avoir des montages de police un peu partout pour décourager les malfaiteurs.

S’agissant des taximen qui roulent la nuit ils sont vraiment exposés. C’est vrai que dès fois ils mettent des gourdins ou des armes dans leurs taxis pour se protéger. Mais quand les policiers le voient, ils te créent des problèmes », dénonce-t-il. Selon toujours Serigne Saliou, des taximen sont souvent tués dans des conditions atroces. On se limite simplement à une sanction pénale. « L’Etat doit corser les sanctions afin que les agresseurs arrêtent leur sale besogne. Il y’a un réel problème de sécurité. On doit être prudent parce qu’il y’a beaucoup de risques dans notre métier », a-t-il aussi dit.

Plus loin sur les deux voies de Liberté 6, Gora Guèye attend tranquillement un client sortir de l’hôpital Samu. Interrogé sur la situation des taximen, il a commencé par dire qu’ils sont traités comme des étrangers dans leur propre pays. « On nous traite comme des étrangers. Si un taximan fait une erreur, tout le monde est au courant. Mais quand on tue un taximan personne n’en parle », déplore-t-il. Avant d’enchaîner : « notre travail n’a pas de sécurité parce que nous avons parfois des passagers inconnus. On nous donne également des colis à l’intérieur desquels il y’a de la drogue ou du chanvre indien. Il y’a beaucoup de choses qui font que notre métier comporte des risques. C’est pourquoi nous disons que l’Etat doit considérer les taximen parce que nous faisons partie des sénégalais ».

Toutefois, il n’est pas du même avis que son collègue qui a soutenu qu’un chauffeur de taxi doit avoir une arme blanche pour se protéger. « Je suis contre les armes dans les taxis. Nous sommes dans un État de droit. Il faut bien regarder les passagers que nous embarquons. Il ne faut pas aussi prendre le risque de circuler à certaines heures ou d’aller dans certaines localités la nuit. Me concernant à 18 heures je ne roule plus », a déclaré Gora.

Son collègue Babacar Thiam a pris la balle au rebond pour dire qu’auparavant il y’avait des taximen qui travaillaient uniquement la nuit. « Ils se stationnent devant les bars, les salles de spectacles, les restaurants, entre autres, endroits. Ils n’avaient aucun problème. Même certaines prostituées travaillent avec des taximen pour ne pas être agressées. Mais de nos jours, on voit beaucoup de jeunes qui n’ont aucune expérience pour prendre les taxis la nuit. Ils ignorent totalement les réalités du terrain », a-t-il soutenu. En tout état de cause, l’Etat doit agir face à cette insécurité galopante dans nos localités.

Cheikh Moussa SARR

27 novembre 2021


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