LES CHIFFRES DE LA VIOLENCE DANS LES MENAGES

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ENQUETE

La société sénégalaise est devenue violente, selon les résultats de l’enquête réalisée par le Sit/Cnf-Udts. Et, les chiffres inquiètent Adja Ndèye Diakhaté, membre de la coordination nationale dudit projet. « La dernière décennie a été particulièrement difficile et éprouvante pour les femmes, alerte-t-elle, reprise par L’Observateur. Déjà en 2018, rien qu’au niveau du point d’écoute et d’assistance de l’Association pour la promotion de la femme sénégalaise, 184 cas de viols ont été enregistrés. »

Matam en tête du peloton

Matam occupe une triste place, celle de la première sur l’ampleur des violences à l’égard des femmes. Ce, sur les cinq régions concernées par l’enquête (Dakar, Thiès, Kédougou et Kolda). Le taux y frise 70% pour les violences physiques, verbales et sexuelles. Là où les autres régions en sont à 55%, rapporte le journal.
Si « les élèves et étudiantes constituent la catégorie sociale la plus exposée », « les femmes mariées constituent la proportion de femmes la plus exposée à la violence, avec un taux de 44,84%, alors que ce taux de prévalence se situe chez les femmes célibataires à 41,81% » selon le rapport. Lequel indique que « c’est dans le cadre familial que les femmes subissent les pires formes de violence notamment celles physiques, souvent le fait du mari (49,39% des cas) ou des parents (37,27%) ».
Insistant sur la violence provenant des femmes, Dr Ismaïla Sène, psychologue, souligne qu’ « habituées à subir et à vivre au quotidien des faits de violence, elles sont mises dans l’obligation de réagir et souvent, c’est à l’extrême que ces femmes réagissent. »
Il ajoute : « La réalité, c’est que nous sommes au Sénégal, une société violente où la violence à l’égard des hommes a également atteint une proportion inquiétante. » Il en veut pour preuve l’affaire de la femme qui a brûlé vif son mari aux Maristes.
D’où la nécessité, tranchent les acteurs, de la mise en branle de mesures hardies afin de juguler le phénomène.

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