LES CONFESSIONS DU TAXIMAN DJIBRIL BITEYE, AGRESSÉ PAR UN PRÉSUMÉ COMMANDO DE L’ARMÉE

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MENACES DE MORT

Djibril Bitèye est dans le désarroi. Sa vie est en danger. Pour cause, il reçoit fréquemment des menaces de mort de personnes anonymes. Son seul sort : avoir mis à nu les agissements d’une bande de malfaiteurs dont le cerveau, selon ses dires, était un commando de l’armée en l’occurrence, M. M. Diakité.

Tout a commencé dans la nuit du 30 juillet 2005, aux environs de 2 heures, aux Parcelles assainies. Ce jour-là, raconte Djibril Bitèye, un commando militaire, en service au camp militaire de Thiès, attaquait les boutiques de cette zone et traquait tout sur son passage. « Après avoir fini de braquer deux boutiques, il m’a attaqué alors que j’avais fini de déposer un client sur les lieux. Il m’a demandé de lui donner mon versement en me menaçant de son arme », a expliqué Djibril Bitèye. Des menaces qui ne lui ont pas donné la frousse. Il ne tremble pas devant l’ennemi. Il fait preuve de courage et l’affronte malgré l’arme à feu qu’il détenait par devers lui. « J’ai sauté sur lui pour l’attaquer en utilisant l’effet surprise. Dieu a fait que j’ai pu le maîtriser avec son fusil. Il a tiré trois balles à mon endroit mais la troisième lui a été fatale et l’a touché au menton. Il est décédé avant l’arrivée des forces de l’ordre et des sapeurs-pompiers », raconte toujours le chauffeur de taxi. Il ne s’en est pas sorti indemne.

« J’AI HEURTÉ LES GRILLES DU PALAIS POUR ALERTER SUR MON SORT »

Alors qu’il pensait être à l’abri du danger en maîtrisant le commando qui était moribond, les acolytes de ce dernier se sont acharnés sur lui à coups de couteaux. Il s’en est sorti avec des blessures qui lui ont occasionné des hémorragies. « J’avais déposé une plainte contre X pour que la lumière soit faite dans cette affaire. Mais, le dossier a été classé sans suite. J’ai écrit au chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade à l’époque, le médiateur de la République et le chef d’Etat major des Forces armées pour leur en faire part. Sans succès. Malgré cela, je continuais à recevoir des menaces de mort », alerte-t-il.

L’air désemparé, la mine triste, Djibril Bitèye indique que ce n’est pas la première fois qu’il réclame justice dans cette affaire. A l’en croire, en 2011, après avoir épuisé toutes voies de recours pour faire entendre sa cause, il avait heurté les grilles du palais présidentiel pour alerter les autorités sur son sort. Arrêté, il a été placé sous mandat de dépôt au terme du délai de la garde à vue. Jugé devant le tribunal des flagrants délits de Dakar à l’époque, il a été condamné à 6 mois avec sursis après que le juge a disqualifié les faits initialement visés d’atteinte à la Sureté en dégradation de biens appartenant à l’Etat. Une peine d’avertissement.

Neuf ans après cette condamnation, Djibril Bitèye est toujours sous pression. « Les mercenaires » l’abreuvent toujours de menaces. « Les appels de menace de mort datent de ce mois de décembre. Le dernier qui m’a appelé m’a dit ’’tu ne me connais pas mais, saches que l’ange de la mort est à ta recherche avant de raccrocher’’. On veut m’éliminer parce qu’il y a des gens qui ne veulent pas que cette affaire soit tirée au clair. J’ai vraiment peur pour ma vie », alerte-t-il avant de demander aux autorités étatiques et judiciaires d’assurer sa protection.

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