LES CONFIDENCES DE NAFISSATOU DIALLO SUR L’AFFAIRE DSK

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ETATS-UNIS

Neuf ans après l’affaire du Sofitel de New York, la femme de chambre rompt le silence pour la première fois et en exclusivité dans Paris Match.

Sa confession, dans une méga-église de Brooklyn, est historique. Pour Paris Match, Nafissatou Diallo revient sur le scandale qui a sidéré le monde et changé le cours de l’élection de 2012 : l’agression sexuelle dont elle dit et maintient avoir été victime de la part de Dominique Strauss-Kahn, alors directeur général du Fonds monétaire international et favori pour la présidentielle. Une affaire classée, que l’ex-employée d’origine guinéenne veut exorciser dans un prochain livre.

Nafissatou Diallo, la femme de chambre qui a accusé Dominique Strauss-Kahn d’agression sexuelle en 2011, quelques mois avant l’élection présidentielle, s’est longuement confié au magazine Paris-Match.
Elle sort du silence. 9 ans après "l’affaire DSK", Nafissatou Diallo revient sur le scandale qui a sidéré le monde en mai 2011 impliquant Dominique Strauss-Kahn, alors patron du FMI et favori à l’élection présidentielle en France.

Si l’affaire est classée, la plus célèbre femme de chambre du Sofitel s’est longuement confiée à Paris-Match et prépare un livre.

"Cette histoire va me suivre jusqu’à la fin de mes jours, confie-t-elle au magazine. Il m’est impossible de rester silencieuse. J’ai donc décidé de donner ma vérité. Je ne me remettrai jamais de la façon dont les procureurs de New York m’ont traitée. A cause de ce qu’ils m’ont fait subir, j’ai eu envie de me suicider. J’ai été traitée de prostituée."

Si Nafissatou Diallo ne souhaite pas évoquer ce qu’elle devient "pour [se] protéger", elle revient longuement sur "l’affaire" malgré un accord financier passé avec DSK.

"J’ai toujours dit la vérité mais j’ai été privée de justice (...). La police de New-York a fait son travail. Les procureurs, je n’en suis pas sûre (...). Je vous assure que si Dominique Strauss-Kahn avait été pauvre clochard, dans la rue, il serait en prison aujourd’hui."

"J’AI BEL ET BIEN ÉTÉ VIOLÉE"

"Le 14 mai 2011 (...) je crie trois fois "Housekeeping" avant de rentrer dans la chambre 2806 conformément au règlement. Personne ne répond. J’entre en laissant la porte entrouverte. Je répète "Housekeeping". Je m’apprête à entrer dans la chambre, sur la gauche, quand je vois apparaître cet homme tout nu. Puis tout est arrivé. (...) J’ai bel et bien été violée."

Elle revient également sur les accusations de mensonges et notamment sur une phrase qu’elle aurait prononcé peu après l’incident au téléphone (ndlr : "Ce type a beaucoup d’argent"). "Je n’ai jamais dit ça, je ne suis pas folle. Ils s’en sont servis pour me discréditer."

Et à la question de savoir si elle a quelque chose à dire à Dominique Strauss-Kahn, celle-ci répond : "Rien. Je n’ai pas envie de savoir ce qui lui arrive, je ne veux plus penser à lui".

Nafissatou Diallo, une femme de chambre de l’hôtel Sofitel à New York, avait accusé l’ancien directeur du FMI de l’avoir sexuellement agressée le 14 mai 2011. Mais les poursuites au pénal avaient été abandonnées à la suite de nombreux mensonges de Mme Diallo sur des épisodes de sa vie passée.

L’affaire avait lancé une extraordinaire saga judiciaire et contraint M. Strauss-Kahn à démissionner du FMI et mis un terme à ses ambitions présidentielles en France.

Dans une interview télévisée datant de 2011, DSK avait reconnu une relation sexuelle de quelques minutes avec la jeune femme qu’il ne connaissait pas, "une faute morale", mais "sans violence ni contrainte".

EXTRAITS

Qu’avez vous à dire à DSK ?

« Rien. Je n’ai pas envie de savoir ce qui lui arrive. Je ne veux plus penser à lui. »

Comment voit-elle son avenir ?

« Je veux créer une fondation dont j’ai déjà le nom en tête pour aider les femmes qui, comme moi, sont arrivées en Amérique sans éducation, sans même parler la langue, et qui ont vécu des situations horribles. […] Je ne m’étais jamais considérée comme une militante féministe, mais je veux que ce qui m’est arrivé serve aux autres. »

A-t-elle des regrets par rapport à la façon dont elle s’est comportée face aux procureurs ?

« Aucun. Si c’était à refaire je referais exactement pareil. Ce qui est arrivé m’est tombé dessus. J’ai dit la vérité et j’ai été privée de justice. »

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