LES CRIMES COMMIS EN MILIEU CARCÉRAL SUR LA TABLE DE LA COMMISSION TRRC

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GAMBIE

Après une interruption de près de trois mois en raison de la pandémie de coronavirus, la Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC) a repris ses travaux voilà deux semaines. La 13e session consacrée aux tortures et autres traitements inhumains infligés aux prisonniers sous le régime Jammeh. Ils sont une dizaine qui ont été entendus : victimes et présumés bourreaux confondus. Pourra-t-elle rendre son rapport en fin d’année conformément au mandat de deux ans que la structure a reçu ? La question reste entière.

BANJUL - En deux semaines d’auditions sur ce chapitre, ce sont plusieurs hauts responsables de l’administration pénitentiaire gambienne qui ont défilé devant la Commission. D’actuels et anciens pensionnaires de la tristement célèbre prison Mile2, lieu de détention et de tortures de plusieurs opposants ont également été entendus. De fil en aiguille, la structure se penche sur les nombreux crimes dont la maison d’arrêt et de correction de Banjul a été le théâtre pendant plusieurs années. Invité à témoigner devant la Commission, Lamine Dia, ancien détenu qui a passé plus de 11 ans en détention a narré des pratiques peu orthodoxes des gardes pénitentiaires qui n’hésitaient pas rudoyer copieusement les prisonniers lors d’interrogatoires.

C’est le cas de Malang Tamba, ancien directeur de la prison centrale Mile2 qui est passé aux aveux ce jeudi pour avoir torturé plusieurs détenus. Plusieurs fois cité pour des traitements inhumains présumés contre les prisonniers, Tamba a vu d’ailleurs son salaire réduit à moitié en attendant la fin de l’enquête.

Avant la conclusion des auditions de cette semaine, Esssa Fall, l’avocat général de la Commission a tenu à lever toute équivoque à propos du chapitre sur les abus commis dans les geôles gambiennes. « Le rôle de la Commission c’est d’œuvrer à la réforme des prisons du pays et de mettre fin à toute forme d’abus en milieu carcéral. Mais cela ne veut pas dire que les détenus ne vont plus obéir aux règles édictées. Surtout, que les prisonniers ne voient pas en ces auditions une garantie d’impunité pour ne plus se soumettre aux règlements en vigueur dans les lieux de détention ».

Pour rappel, la Commission de réconciliation a présenté au procureur général et au ministre de la Justice, en avril dernier, un rapport intérimaire détaillant ses activités pour la première année d’exercice. Ses recommandations seront rendues aux autorités dans un rapport final attendu en fin d’année.

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