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LES DAKAROIS REDÉCOUVRENT LES VERTUS DE LA CHARETTE ET DE LA MARCHE À PIEDS

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Dakar a montré une autre facette, ce mercredi. Les véhicules de transport de masse privés, en mouvement de grève de deux jours, à partir d’aujourd’hui, ont donné un visage inhabituel à la capitale sénégalaise. Le mot d’ordre des grévistes a été bien suivi. Et d’après les responsables syndicaux, la grève peut même dépasser les deux jours prévus comme ça peut s’arrêter aujourd’hui.

Le bonheur des uns faisant le malheur des autres, les véhicules particuliers n’ont pas connu les embouteillages qui avaient l’habitude de miner les rues de la capitale aux heures de pointe. Le trafic était fluide en cette première journée. Pas de traces de véhicules ‘’Ndiaga Ndiaye’’ ou de bus Tata. C’était le cas au rond-point Colobane. La fluidité du trafic était au rendez-vous. Seule la société publique Dakar Dem Dekk alimentait le réseau de transports urbains.


Au niveau de l’avenue Cheikh Ahmadou Bamba, devant la station d’essence, ce sont les ‘’cars rapides’’, communément appelés ‘’Super’’, qui assuraient la liaison Colobane – Hlm – Castor.

Mais ce sont bien les charrettes qui ont pris leur place. Mais le même tarif est maintenu. Pour se déplacer, les clients doivent débourser 100 ou 150 F CFA, selon la destination. « J’ai débuté depuis 9h30. Mon premier voyage, j’ai quitté Hlm – Rail bi pour aller au marché Grand. C’est après que je suis venu à Colobane », nous renseigne Sitor Ndiaye. Trouvé devant la station d’essence avec sa charrette, le natif de Fatick dit avoir encaissé plus de 3000 F CFA, alors que nous sommes à mi-journée.


Parmi les 11 doléances présentées au gouvernement par les syndicalistes des transports routiers, la première porte sur les contrôles routiers jugés trop nombreux. « La grève est suivie par 14 syndicats du secteur des transports routiers. Ce qui va engendrer des pertes économiques. Tous les syndicats ont respecté le mot d’ordre. C’est pourquoi on s’appelle un cadre. Nous ne sommes pas des économistes pour parler des pertes mais ce qui est sûr c’est que Wade nous avait dit à l’époque qu’une journée de grève peut faire perdre jusqu’à 7 milliards. Il y a 11 points de revendications mais le plus important selon eux c’est les tracasseries de la police, de la gendarmerie, des douanes et le système de pesage », a déclaré le Président de l’union nationale des routiers du Sénégal, Gora Khouma. Cette doléance, l’Etat doit la satisfaire dans les plus brefs délais, selon Laye Diouf. Accroché au niveau de la station de Colobane, Diouf la cinquantaine invite l’Etat à négocier avec les transporteurs. Parce que, a-t-il indiqué, « si cette grève continue, les populations vont souffrir davantage ».

Pour Gora Khouma, la balle est dans le camp du pouvoir. « Si le gouvernement veut régler ce problème, je sais qu’il va le régler dans la journée. Mais s’il crée des dilatoires, nous aussi on continue. S’il ne négocie pas, la grève va continuer », a-t-il déclaré.

Texte : Babacar FALL
Photos : Abdoulaye SYLLA

1er décembre 2021


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