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LES DIRIGEANTS AFRICAINS FACE AU DÉFI DE LA SOUVERAINETÉ SANITAIRE

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La première Conférence internationale sur la santé publique en Afrique (CPHIA 2021), organisée par l’Union africaine (UA) et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Cdc Afrique), s’est terminée ce jeudi, après trois jours de sessions axées sur la nécessité de relever les défis sanitaires de longue date sur le continent, notamment l’inégalité en matière de vaccination et la faiblesse des systèmes de santé. « Plus de 140 décideurs, scientifiques, experts en santé publique, experts en données et représentants de la société civile africains ont présenté les derniers enseignements et recherches sur la pandémie de COVID-19, ainsi que les actions nécessaires pour mieux se prémunir contre les crises sanitaires actuelles et futures », rapporte le communiqué final transmis à Emedia.

Les leçons apprises

« La conférence inaugurale sur la santé publique en Afrique a lieu à un moment important de l’histoire », s’est réjoui le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat. L’homme politique tchadien de rappeler que « le continent africain n’a pas été épargné par les effets dévastateurs de la COVID-19, poussant nos systèmes de santé à leurs limites. » Mais, « nous avons de grands espoirs pour l’avenir et une occasion historique de construire un nouvel ordre de santé publique qui puisse se prémunir efficacement contre de futures crises sanitaires. Cette conférence est la première étape pour en faire une réalité », a-t-il souligné, optimiste. En revanche, il a précisé que ce nouvel ordre de santé publique de l’UA appelle à « une collaboration continentale pour renforcer la capacité de fabrication africaine de vaccins, de diagnostics et de traitements ; renforcer les établissements de santé publique pour les soins centrés sur la personne ; élargir le personnel de santé publique ; établir des partenariats respectueux et axés sur l’action ; et collaborer avec le secteur privé. Des piliers pour répondre aux aspirations de l’Agenda 2063 - l’Afrique que nous voulons. »

D’ailleurs, dans une déclaration faite par vidéo, le président rwandais a martelé qu’« il est nécessaire que les gouvernements et les parlements nationaux renouvellent leurs engagements pour accroître le financement national de la santé en Afrique. C’est une priorité de l’UA depuis plusieurs années, mais les progrès n’ont pas été assez rapides. Nous ne pouvons pas continuer à compter sur un financement extérieur pour quelque chose d’aussi important pour notre avenir », a déclaré Paul Kagame dont le pays est cité comme champion de l’UA pour le financement national de la santé.

Investissements accrus dans les systèmes de santé

« Peut-être que l’épidémie d’Ebola de 2014 à 2016 était un appel à l’action que quelque chose de plus grand était à venir. Et peut-être que la COVID-19 est le signal que quelque chose d’encore plus grand viendra. Nous devons donc être prêts et prendre en main notre destin en matière de sécurité sanitaire », a renchéri Dr John Nkengasong, directeur du CDC Afrique. « Cela signifie que nous devons lutter contre la prochaine pandémie d’une manière sans précédent par rapport à la façon dont nous luttons contre cette pandémie, et je suis très convaincu que nous le ferons compte tenu de la mobilisation, de l’engagement et des investissements en cours », a-t-il expliqué.

La cérémonie d’ouverture a été suivie d’une discussion plénière sur l’épidémiologie du SRAS-COV-2. Cela comprenait une présentation du professeur Salim Abdool Karim, directeur du Centre pour le programme de recherche sur le sida en Afrique du Sud (CAPRISA), qui fait partie de ceux qui dirigent la recherche sur la variante Omicron. Expliquant la trajectoire de la variante en Afrique du Sud, il a souligné la nécessité de continuer à faire confiance et à mettre en œuvre des interventions de santé publique fortes.
« Il n’y a pas lieu de paniquer. Nous avons déjà traité des variantes, y compris celles avec une fuite immunitaire. La fermeture des frontières n’a presque aucun avantage. Les systèmes de santé publique fonctionnent, les interventions publiques comme les masques et la distanciation sociale fonctionnent. Utilisons-les », a-t-il tranché.

Après l’Éthiopie, le Rwanda va accueillir la prochaine édition en décembre 2022.

Dié BA

16 décembre 2021


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