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LES ÉTATS-UNIS À LA RECONQUÊTE DU TERRAIN PERDU PAR TRUMP

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Le patron de la diplomatie américaine achève ce weekend sa première tournée en Afrique subsaharienne. Antony Blinken a mis le cap sur le Sénégal aujourd’hui, après avoir séjourné au Kenya et au Nigeria.

En provenance de Lagos (Nigeria), M. Blinken a été accueilli par la ministre sénégalaise des Affaires étrangères, Aïssata Tall Sall, à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD).

Au cours de son séjour, le chef de la diplomatie américaine rencontrera le président Macky Sall et son homologue, Aïssata Tall Sall, souligne un communiqué de presse. Ces entretiens porteront sur les ’’moyens d’approfondir le solide partenariat entre les États-Unis et le Sénégal’’.

Le Secrétaire d’État américain participera à différentes activités qui seront ouvertes à la presse.

Dans la journée de samedi, il assistera à une rencontre avec le secteur privé à l’hôtel Radisson Blu, où il est également prévu une cérémonie de signature de contrats et une table-ronde économique et numérique de femmes. Antony Blinken va ensuite animer une conférence de presse conjointe avec la ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Aïssata Tall Sall.

Come back sur le continent

Cette tournée de Blinken en Afrique, dont Dakar est l’ultime étape, sonne comme un retour des États-Unis sur le continent. Depuis son investiture, le président Biden n’a de cesse d’incarner la rupture avec son prédécesseur. C’est vrai aussi dans ses relations avec les pays africains. L’abrogation immédiate de l’interdiction de visas qui frappait des pays africains musulmans symbolise cette volonté de rupture. La relation entre l’Afrique et les Etats-Unis a lourdement pâti du mandat de Donald Trump qui n’a non seulement jamais mis les pieds en Afrique mais en plus les avaient insultés de manière outrancière.

Un mois après son arrivée à la Maison Blanche, Joe Biden envoyait un message vidéo aux présidents africains à la veille du 34e sommet de l’Union africaine (UA). Pour son premier discours auprès d’une instance internationale en tant que président, Biden assure à l’Afrique que les Etats-Unis sont « un partenaire dans la solidarité, le soutien et le respect mutuel ».

Contrer l’influence de la Chine

Illustration de cette ouverture : la nomination de Linda Thomas Greenfield est comme ambassadrice américaine à l’ONU. Une diplomate qui a fait une longue carrière en Afrique, avec notamment un passage comme ambassadrice au Libéria. Une carrière africaine qui l’avait mené au poste de secrétaires d’Etat adjoint aux affaires africaines sous Obama, avant que Trump ne mette fin à ses ses fonction.

Linda Thomas Greenfield avait présenté la Chine comme "l’adversaire stratégique" des Etats-Unis, lors de sauter audition devant le Sénat. Et sur le continent africain, elle plaide pour offrir une alternative à la Chine et à sa stratégie d’investissements "qui a plongé les pays africains dans un endettement colossal" selon elle.

Toutefois, avant de quitter Abuja justement, le secrétaire d’Etat américain a dit vouloir être clair sur cette question : les Africains, affirme-t-il, "n’ont pas à choisir" entre la Chine et les Etats-Unis. Antony Blinken ajoute que Washington peut leur offrir davantage en matière de droits démocratiques. Et quelques jours avant que Pékin ne tienne un sommet avec l’Afrique, à Dakar, le chef de la diplomatie américaine indique que le président Joe Biden prévoit d’accueillir un sommet avec les dirigeants du continent. « Le président Biden a l’intention d’accueillir un sommet avec les responsables américains et africains pour mener une politique diplomatique de haut-niveau (...) qui permettra de transformer les relations et de rendre une coopération efficace possible », a-t-il indiqué.

Adama NDIAYE

20 novembre 2021