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LES EXIGENCES DU COLLECTIF « PATIENTS EN DANGER »

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Le collectif « Patients en danger » a organisé un sit-in ce samedi à la place de la Nation. C’est pour réclamer justice pour Astou Sokhna, décédée à l’hôpital Amadou Sahir Mbaye de Louga dans des circonstances non encore élucidées. Dans un mémorandum lu par leur présidente, Ghaël Babacar Mbaye, il a rappelé que la Constitution du Sénégal, aussi bien dans son Préambule que dans son Titre II, instaure le respect des droits du citoyen comme base de la société sénégalaise.

« (…) L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), dont le Sénégal, est membre indique que « La santé maternelle fait référence à la santé des femmes pendant la grossesse, l’accouchement et la période postnatale. Chaque étape devrait être une expérience positive, garantissant que les femmes et leurs bébés atteignent leur plein potentiel de santé et de bien-être. La plupart des décès maternels peuvent être évités grâce à une prise en charge rapide par un professionnel de santé qualifié travaillant dans un environnement favorable », a-t-elle dit en s’adressant aux autorités étatiques.

L’Article 7 de la même Constitution, selon elle, dispose que « La personne humaine est sacrée. Elle est inviolable. L’État a l’obligation de la respecter et de la protéger. Tout individu a droit à la vie, à la liberté, à la sécurité, au libre développement de sa personnalité, à l’intégrité corporelle notamment à la protection contre toutes mutilations physiques. ». L’Objectif de Développement Durable 3 vise à « assurer la santé et le bien-être de tous, en améliorant la santé procréative, maternelle et infantile, en réduisant les principales maladies transmissibles, non transmissibles, environnementales et mentales. Ces enjeux sanitaires pourront être réalisés à condition de mettre en place des systèmes de prévention visant la réduction des comportements déviants ainsi que tout facteur de risque pour la santé, d’assurer un accès universel à une couverture médicale et aux services de santé ».

Le mémorandum indique aussi que dans le Plan National de Développement Sanitaire du Gouvernement, le chef de l’État a pris l’engagement de réduire le fardeau de la mortalité maternelle et néonatale, engagement qu’il a également décliné dans le Plan Sénégal Émergent avec un engagement en faveur des Objectifs de Développement Durable (ODD) et de la nouvelle stratégie mondiale : Santé de la Reproduction, de la Mère, du Nouveau-né, et des Adolescents. « Cet engagement a emmené le Ministère de la santé et de l’action sociale à créer le projet « 1.000 jours » visant à améliorer les indicateurs de santé de la mère et de l’enfant ; et à instaurer la semaine régionale de la santé de la mère, de l’enfant et des adolescents », renseigne le document.

Malgré tout ce qui précède, Ghaël Babacar Mbaye a déclaré que les femmes perdent la vie en donnant la vie, tous les jours dans les établissements de santé du Sénégal. « Le cas de ASTOU SOKHNA qui a perdu la vie à l’hôpital de Louga
des suites d’une négligence médicale est illustratif de la longue liste de drames que vivent les patients au Sénégal, et les femmes en grossesse en particulier.

Ce drame de trop a mobilisé aujourd’hui des citoyens de tout bord autour du Collectif « Citoyens en Danger » pour vous rappeler vos responsabilités et vos engagements de garantir à tous les citoyens, et notamment les femmes et les enfants, la disponibilité et l’accessibilité des soins de santé de qualité, à des coûts raisonnables », a-t-elle dit.

Par conséquent, à travers ce présent Mémorandum, le Collectif « Patients en Danger » exige des autorités de façon spécifique et immédiatement : Une suite judiciaire impartiale et transparente dans l’affaire Astou SOKHNA ; Une assistance psychologique à la famille de la défunte ; Une indemnisation des dommages causés à la famille de la défunte ; Et de façon générale, à court et moyen termes, le Collectif exige aussi de mettre en œuvre les engagements du Gouvernement à l’endroit des Syndicats des acteurs de la santé afin de garantir aux citoyens une continuité du service ; de mettre fin aux recrutements par supposés « quotas politiques » au détriment du personnel qualifié ; de mettre fin aux conditions difficiles et déplorables de travail du personnel de santé ; de relever le plateau médical, en dotant les établissements de santé du matériel médical adéquat ainsi que du personnel qualifié ; de renforcer les services d’accueil et d’urgence avec un personnel suffisant, professionnel et dévoué ; ainsi que les moyens médicaux requis pour garantir une prise en charge adéquate des patients en situation de détresse ; de prendre les mesures visant à dispenser les patients en situation d’urgence, et notamment les femmes et les enfants, des lourdeurs administratives et financières qui souvent augmentent les risques de décès ; de mettre en place des mécanismes de suivi et d’évaluation des offres de service dans les établissements de santé à travers des contrats de performance ; de procéder à un audit, à un suivi et évaluation permanents de l’offre de formation dans les établissements de formation en santé et en métiers paramédicaux.

Au personnel de santé, le Collectif rappelle tout son attachement aux conditions idoines qui vous permettront d’exercer convenablement votre travail ; Parallèlement, le Collectif exige d’eux :
Le professionnalisme, le sérieux, et toute la rigueur requise dans l’exercice de vos missions (interdiction formelle de s’adonner à toute forme de distraction lors de l’exercice du travail) ; Davantage d’empathie et de bienveillance à l’endroit des patients et des usagers, considérant que ces attitudes constituent des éléments de soulagement et de premier remède.

Le Collectif « Patients en Danger » attend des Autorités étatiques et hospitalières un engagement public immédiat à mettre en œuvre dans un délai court les exigences énoncées ci-après : Le Collectif reste mobilisé pour réclamer Justice pour Astou SOKHNA ; Le Collectif reste attentif à une suite judiciaire et administrative juste et équitable de ce drame ; et désormais pour tous cas similaires ; le Collectif invite tous les usagers à dénoncer toute forme d’injustice et de maltraitance vécues dans les établissements de santé ;
Enfin, le Collectif appelle tous les citoyens à exiger davantage de redevabilité de la part des Gouvernants pour une offre de service public adéquat et respectueux de la dignité humaine.

Il faut dire que les activistes, politiciens et autres personnalités ont pris part à ce sit-in. Ils ont sévèrement attaqués le président Macky Sall et son ministre de la santé, Abdoulaye Diouf Sarr.

Cheikh Moussa SARR

24 avril 2022


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