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LES FIDÈLES CHRÉTIENS SE RECUEILLENT

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Des fidèles chrétiens fêtent la Toussaint et en profitent pour se recueillir sur les tombes de leurs défunts dans un Cimetière Saint Lazare de Béthanie remplit.

“Keur Massar, à péage tout droit”, “Keur Massar, à péage tout droit” crie un apprenti de “Ndiaga Ndiaye” à la recherche de clients pour sa course prochaine vers le lieu susmentionné. Non loin de là, on entend une symphonie de tambours et de trompettes d’un orchestre qui rythme un brassage de personnes synchronisé entre ceux qui rentrent et ceux qui sortent du cimetière. Entre religieux et fidèles catholiques venus célébrer la Toussaint ; agents de la municipalité (en gilet vert) et ceux du comité de gestion des cimetières chrétiens (en gilet orange) qui s’occupent de l’organisation ; prestataires de service et vendeurs, la foule est cosmopolite.

À la porte, des personnes affluent des deux côtés de la route. L’entrée ne semble pas assez large pour une telle foule, et cela, malgré ses 4 m de large environ. On remarque la présence d’arbres d’une part et d’autre de la passerelle qui mène à la porte de la tente installée pour une messe prévue pour la fête. Aux alentours, des sépultures à perte de vue dessinent l’horizon.

À gauche de la passerelle, on voit une famille qui se recueille sur une tombe. Quelques sépultures plus loin, on retrouve Alexandre Mendy, tout seul, fleurs et bougies en mains, silencieux et plongé dans ses pensées, il se recueille sur la tombe d’une petite fille. D’une voix tremblante, submergé par ses émotions, Alex (comme il dit s’appeler) qui est enseignant de formation, se confie aux bords des larmes : “c’est ma petite fille qui vient de décéder au mois de janvier dernier. Elle avait 5 ans”. L’enseignant explique qu’il regrettait sa fille qui était au CP et qui était “très brillante, partie sans maladie”. Se prononçant sur la Toussaint, M. Mendy précise que c’est “la fête des saints” avant d’enchérir “on considère que tous nos défunts sont des saints”.

Sous le soleil, la température commence à monter et la chaleur à devenir ardente. Certains se réfugient sous la tente ou sous l’ombre des arbres ou de leurs parasols. D’autres bravent le soleil et restent immobiles aux côtés des tombes continuant à se recueillir. On aperçoit de temps à autre des carreleurs qui refont la sépulture des tombes sous l’œil aiguisé des commanditaires ; des jeunes qui proposent leurs services pour un lavage des tombes et sous un baobab, un homme qui, équipé d’un cloueur dont le bruit contraste avec l’ambiance générale, s’attelle à installer une plaque sur une sépulture.

À côté, sur la sépulture voisine, un homme et sa famille se recueillent. Jean-Luc Diatta explique être là pour la fête des saints et qu’aujourd’hui, “ce n’est pas la fête des défunts” que ce sera demain. Cependant, lui, comme la plupart d’entre eux, va-t’en profiter pour célébrer ses défunts, car demain, “il n’y a pas de cérémonie” se justifie-t-il. Après s’être recueilli auprès de sa sœur “décédée la semaine dernière”, maintenant, qu’il était auprès de son père. Détaillant la manière dont se fait le recueillement, il décrit : “on se met devant la tombe, puis on pose des fleurs et puis on récite un chapelet avec des chants de louanges” en priant pour les défunts et pour leurs propres personnes.

En-dehors des fidèles qui se recueillent et des religieux, on remarque aussi la présence de vendeuses de chapelets, de fleurs, de fruits, de crème glacée, d’eau, de café Touba... Installées sous des tentes à la recherche de clients, accostant le maximum de passants possibles pour faire remarquer leurs produits.
Pour cette célébration, en ce jour, dans un cimetière, se mélange une population variée et cosmopolite. Enfin, comme toujours...

Harouna DIENG (Stagiaire)
Abdoulaye SYLLA (Photo)

1er novembre 2022


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