« LES GRANDES DISCUSSIONS DE L’UA, ON NE LES VOIT PAS TRADUITES EN ACTIONS »

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LR DU TEMPS

« L’Union africaine, c’est une expression de ce que l’Afrique voudrait voir. Maintenant, le lien entre ce qui se passe à Addis Abeba et ce qui se passe sur le terrain, il y a un décalage », admet Souad Aden-Osman, la Directrice exécutive de la Coalition pour le dialogue sur l’Afrique (CODA), l’invitée de LR du temps spécial d’Alassane Samba Diop, sur iRadio et Itv, ce dimanche 10 novembre.

Elle s’empresse toutefois d’ajouter sur l’émigration que « ça n’empêche pas de dire que ce n’est pas la moitié de nos jeunes qui partent. C’est à peine 3% de l’émigration africaine qui sort de l’Afrique, sur les routes du Nord, vers l’Est. L’Afrique absorbe ses immigrants, les siens, accueille les siens. C’est vrai que c’est très médiatisé, les Européens sont très contents de voir quand il y a quelques dizaines d’Africains qui passent pour sortir ça hors norme mais les chiffres ne sont pas là ».

L’impact sur la vie des populations ?

Avant de reconnaitre qu’« il y a énormément à faire », s’agissant de l’attente de la jeunesse.

« Personne ne niera le fait que le chômage des jeunes (soit) un souci. (Le sort) de l’autre groupe vulnérable qui est actif d’ailleurs, les femmes, est tout aussi inquiétant ».

La coordinatrice du secrétariat du groupe de Haut niveau et du Consortium chargé de lutter contre les flux financiers illicites en provenance d’Afrique, qui déplore, par ailleurs les actes xénophobes sévissant sur le continent notamment en Afrique du Sud, indique que « c’est vrai, les grandes discussions de l’Union africaine, on ne les voit pas traduites en actions nécessairement sur le terrain ». Mais, soutient-elle, « c’est un continent qui s’est organisé avant de s’industrialiser aussi. Ce n’est nécessairement pas venu dans le même ordre (connu) ailleurs. Je ne sais pas si on va mettre en premier la nécessité de l’auto-détermination avant parce que l’Union africaine c’est un peu ça, c’est de dire s’il y a des choses que nous devons faire par nous-mêmes et entre nous, et ensemble, on va le faire dans ce cadre-là. C’est un peu à ça qu’elle sert. Mais c’est clair que ça n’a pas répondu nécessairement. Et l’Union africaine des peuples, on est nombreux à encore la chercher ».

Abordant la question des flux financiers illicites à travers lesquels le continent perd, par an, le double de l’aide au développement qu’il reçoit, elle indique « on est dans une dynamique où pour se battre, ce n’est pas évident. Mais, il faut se battre sur beaucoup de fronts dès fois sur celui de la définition même de la méthodologie pour évaluer les flux financiers ».

Poursuivant, Souad Aden-Osman signale que « la CODA est en train d’aider le Conseil consultatif sur la corruption de l’Union africaine et le département des affaires politiques de l’Union, à formuler la position africaine commune sur les flux financiers, sur les biens souverains ». Par exemple, « le panel disait que les banques internationales refusaient de renvoyer l’argent, après le gel des biens, et mettaient beaucoup de conditionnalité ».

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