« L’INFORMATION MISE EN MIGNE MÉRITE DAVANTAGE DE VIGILANCE »

news-details
RENTRÉE COURS ET TRIBUNAUX

« La protection des données personnelles », c’est le thème de la rentrée solennelle des Cours et Tribunaux ouverte, mardi, 8 décembre en la présence du président de la République, Macky Sall. A cette occasion, le procureur général près la cour suprême de Dakar a axé son discours sur l’information mise en ligne qui, selon lui, mérite plus de vigilance. « Les informations à caractère personnel, mises en ligne par la presse électronique, portent par comparaison à la presse papier, une atteinte sans commune mesure aux droits fondamentaux, notamment au droit au respect de la vie privée et à la présomption d’innocence », a déclaré le procureur général près la Cour suprême.

La presse en ligne, poursuit-il, offre des possibilités de duplication et d’archivage qui ont tendance à donner aux informations publiées un caractère permanent, par la consultation facile et à tout moment via un simple clic sur les moteurs de recherche qu’elle permet. « Certes, au nom de la liberté fondamentale d’information, toute référence aux affaires judiciaires en cours ne peut être interdite mais au regard des opportunités de diffusion et de pérennisation des données publiées sur internet, le respect de la vie privée et de la présomption d’innocence, recommande plus de prudence relativement aux données personnelles qui sont publiées », a-t-il indiqué. Il remarque, dans le même sillage, qu’il n’est pas rare, bien après une décision de relaxe, que des informations attentatoires à la présomption d’innocence soient toujours accessibles par les moteurs de recherche. Ce, en violation de ce droit fondamental. « Ce référencement perpétuel ne parait pas compatible avec le respect de la vie privée. Il faudrait donc veiller à l’anonymisation des publications en matière pénale pour assurer la protection de la vie privée et de la présomption d’innocence », a expliqué le procureur.

Pour lui, il faudra enrichir notre cadre juridique d’un droit à l’oubli et au déférencement. « Il ne s’agit pas de comprimer la liberté d’information mais de la concilier avec les droits fondamentaux de la personne, par la suppression de tous liens associés aux données personnelles d’un individu si la conservation de celles-ci est illégitime. Au-delà de la responsabilité des cybercriminels, le déférencement constitue une mesure de réparation efficace contre les textes, photographies, vidéos, coordonnées, commentaires, faux profils en ligne, publiés illicitement et qui portent atteinte », renseigne-t-il.

Vous pouvez réagir à cet article