LES INSULTEURS DES KHALIFES GÉNÉRAUX RISQUENT 2 ANS DE PRISON

news-details
INSULTES SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

2 ans dont 6 mois ferme ! Telle est la peine qu’encourent les prévenus Pape Mamadou Seck et Mamadou Moustapha Diakhaté, attraits à la barre du tribunal correctionnel de Dakar pour outrage à un ministère du culte et insultes commises par le biais d’un système informatique. Ils seront fixés sur leur sort le 9 mai prochain. Il ressort des éléments discutés à la barre que, le 4 juillet 2018, les nommés Serigne Saliou Gueye et Abdou Khadre Gueye avaient saisi la Division spéciale de cyber-sécurité pour dénoncer les prévenus.

Dans leur plainte, ils expliquaient que ces derniers passent leur temps sur les réseaux sociaux à insulter les chefs religieux en l’occurrence les khalifes généraux des différentes confréries. Une enquête a été ouverte. Et les investigations ont permis de mettre la main sur les deux mis en cause.

Entendus, ils passent aux aveux. Pape Mamadou Seck, utilisant le profil Facebook « Serigne Bass Fall » dit avoir publié des photos de guides religieux de la confrérie mouride accompagnés de messages injurieux et diffamatoires. Il révèle avoir agi ainsi pour répondre aux propos injurieux de son codétenu Mamadou Moustapha Diakhaté qui avait tenu à l’endroit du khalife des tidjanes des propos discourtois. Interrogé à son tour, Mamadou Moustapha Diakhaté a également reconnu les faits qui lui sont reprochés. Il dit avoir fait une vidéo de 5 minutes pour fustiger la réaction du Khalife général des Tidijanes sur l’allégeance d’Idrissa Seck à la confrérie mouride.

La prison les a rapprochés

Cependant, les deux prévenus ont regretté leurs actes. A les en croire, ils ont agi par excès de foi mais ils demandent pardon aux Sénégalais. « Nous étions des ennemis sur les réseaux mais la prison nous a rapprochés. On est devenu des amis », a fait savoir le sieur Diakhaté. Le juge Maguette Diop a profité du procès pour sermonner les deux prévenus. « Vous n’êtes pas les seuls croyants du pays. Serigne Touba et Seydi El Hadji Malick Sy ne seraient jamais comportés ainsi. Ils ne sont pas fiers de vous. On ne saurait tolérer certains comportements qui menacent la stabilité du pays. Vous devriez avoir honte d’être traduits ici pour de tels faits », leur a servi le juge leur demandant les leçons tirées de cette affaire.

« Je gérais une école coranique de 250 élèves on m’a informé qu’ils sont tous partis. Il ne reste que 40 élèves », a répondu Diakhaté. Son codétenu Mamadou Moustapha Seck d’ajouter : « nous regrettons nos actes. A Rebeuss, nous avons décidé d’être des ambassadeurs pour sensibiliser les détenus sur les dangers du net ». Le juge, sur un ton taquin lui, « donc rester en prison pour continuer la sensibilisation. Estimant que les faits de l’espèce ne souffrent d’aucune contestation, le maître des poursuites a requis 2 ans dont 6 mois ferme contre chaque prévenu.

Les avocats de la défense ont fait amende honorable en reconnaissant que leurs clients ont commis des erreurs avant de solliciter la clémence. Le juge, après avoir rejeté la demande de mise en liberté provisoire plaidée par les avocats de la défense, a mis l’affaire en délibéré pour jugement, qui sera rendu le 9 mai prochain.

Vous pouvez réagir à cet article