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LES MAMANS DE L’INDÉPENDANCE A L’ÉCRAN

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Un film est fait pour être vu. Mais au Sénégal, ce n’est pas souvent le cas. Pour changer cette tendance, le journaliste culturel, passionné de cinéma Aboubacar Demba Cissokho, a initié « Ciné-club Samba Felix Ndiaye ». La première séance est parrainée par Samba Félix Ndiaye et s’était tenu jeudi dernier à la Maison de la Culture Douta Seck. À cette occasion, c’est le film documentaire de 52 minutes, sorti en 2012, « Les Mamans de l’indépendance », de Diabou Bessane qui a ouvert le bal.

La Maison de la Culture Douta Seck a été le théâtre de rendez-vous du monde du 7e art jeudi dernier. C’était à l’occasion de la première séance ciné-club initiée par le journaliste culturel Aboubacar Demba Cissokho. Pour cette première session, le journaliste a choisi le film documentaire « Les Mamans de l’indépendance » de la journaliste Diabou Bessane. C’est un film historique de 52 minutes, en 1957 naquit au Sénégal la première association féminine apolitique avec comme objectif, la promotion de la femme et de l’enfant. Et elles étaient au total 17 femmes sénégalaises à mener la bataille pour l’indépendance. Le film débute par une bande défilante de clichés, mettant en scène des femmes qui se sont battues pour l’indépendance du Sénégal. Il y a une juxtaposition d’images en noir et blanc faite sur une dose d’un recueil de Léopold Sédar Senghor intitulé « Chants d’ombre » (…).

Pionnières, elles ont été les premières à célébrer le 8 mars et la journée du tirailleur. Indépendantes, elles se sont battues et ont milité pour l’indépendance de leur pays. Ce film documentaire suivi d’un débat est un hommage à l’Union des femmes du Sénégal (l’Ufs). « Un hommage aux femmes africaines, aux pionnières qui ont mis sur pied », selon la journaliste réalisatrice. En effet, c’est l’Union des femmes de l’ouest africain (Ufoa) qui va donner naissance à la Panafricaine des femmes. D’ailleurs, pour Mme Bessane, elles sont rarement citées dans les débats ou les cérémonies officielles « qui rythment la vie officielle de notre pays. Alors que, nombre de femmes héroïques ont écrit les plus belles pages de l’histoire, et ce bien avant les indépendances », fait-elle savoir.

« L’ouverture d’un ciné-club répond au double souci de créer… »
S’expliquant sur le choix de ciné-club, « c’est parce qu’un film est fait pour être vu ». « La création d’un cadre comme un ciné-club relève d’une évidence tant le public éprouve le besoin de se voir à l’écran. De voir les images de réalisateurs partageant ses réalités, son histoire, son vécu, ses rêves, aspirations et émotions diverses », explique-t-il. Et de préciser : « Dans un contexte où les salles de cinéma sont devenues rares, celles diffusant des films de réalisateurs africains encore plus, l’ouverture d’un ciné-club répond au double souci de créer un cadre de diffusion pour des œuvres qui ne sont généralement vus que dans des festivals. Et de répondre à une demande qui n’a jamais été aussi forte de voir les œuvres de cinéastes du continent. »

ENCADRE

Samba Félix Ndiaye, le parrain
Samba Félix Ndiaye né le 1945-2009, reste l’un des cinéastes africains les plus importants du 20e siècle, d’après M. Cissokho. C’est pourquoi il lui a choisi comme parrain de la première session. « Né à Dakar dans le très politique et artistique quartier de la Médina. Il s’est exclusivement consacré au documentaire, posant, dès son premier film, ‘’Perantal’’, en 1974, les contours d’une démarche artistique endogène sur son environnement », explique-t-il. Selon lui, c’est un réalisateur qui, avant d’aller étudier le cinéma, s’est formé en fréquentant les ciné-clubs de la capitale. « Ndiaye connaissait sur le bout des doigts l’histoire du cinéma sénégalais. Il avait aussi acquis le profil d’un historien et critique de cinéma qui offraient à ceux qui l’écoutaient une analyse des plus pointues de films de partout », ajoute-t-il.

Adama Aïdara KANTÉ

2 août 2022


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