LES MANIFESTANTS RÉCLAMENT UN DÉCRET D’ANNULATION DE LA HAUSSE DU PRIX DE L’ÉLECTRICITÉ

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RETOUR SUR LA MARCHE DE "ÑO LANK"

Le collectif "ño lank" (nous refusons, ndlr) a battu le macadam ce vendredi, dans l’après-midi, pour exprimer son refus contre la hausse du prix de l’électricité et exiger la libération de ses membres, Guy Marius Sagna, Dr Babacar Diop et d’autres, dont des étudiants, arrêtés le 29 novembre dernier.

La marche, encadrée par les forces de l’ordre, s’est ébranlée à 16 heures passées, de la place de la Nation (ex-Obélisque) vers le Rond-point de la Rts. En baskets, Adji Bineta Ndiaye, jeune mère de famille et enseignante de profession, y était. « Nous ne travaillons pas pour payer les factures, grogne-t-elle, interrogée par Emedia.sn. Nos salaires ne se limitent pas seulement à ça. On a d’autres charges : le loyer, la scolarité des enfants. Nous devons manger, boire et nous soigner quand nous tombons malades. C’est pour cette raison que je suis là en tant que citoyenne. Je ne fais pas partie du collectif. J’ai déposé mes bagages à la descente pour participer à la marche ».

« Nos salaires ne se limitent pas seulement à payer les factures »

Une autre réaction. « On a un sentiment d’injustice, s’indigne Simon, rappeur et membre de ’’Y’en a marre’’. Aujourd’hui, si les membres de l’APR (Alliance pour la République, parti présidentiel) qui avaient fait une manifestation devant les grilles de l’Assemblée nationale, avaient été arrêtés, on n’en serait pas là. Si quelqu’un comme (Moustapha) Cissé Lô avait été arrêté après avoir insulté le président (Macky Sall), on n’en serait pas là. Pourquoi des gens comme Guy Marius Sagna, Pr Babacar Diop, sont arrêtés ? C’est injuste. On a augmenté le prix de l’électricité, ce n’est pas normal. Pendant ce temps, on donne des privilèges et des postes politiques à leurs partisans, ce n’est pas normal. On est là pour dire non, non, à cette hausse du prix de l’électricité. Le combat continuera parce qu’on a les moyens d’avoir un Sénégal meilleur ».

« En Mauritanie, plus de mille personnes ont fait un sit-in devant le Palais »

Présent, Seydi Gassama, Directeur exécutif d’Amnesty international section Sénégal, va plus loin : « Nous estimons qu’une manifestation pacifique où quelle soit organisée ne doit pas être réprimée. Hier seulement jeudi, 12 décembre, plus de mille personnes ont fait un sit in devant le Palais présidentiel, en Mauritanie. On ne peut pas dire que du point de vue de la sécurité, la Mauritanie soit moins exposée que le Sénégal. Il n’y a pas eu ni d’arrestation ni de répression. Donc, on ne doit pas accepter que le Sénégal retourne en arrière aujourd’hui, que des pays comme la Mauritanie et d’autres nations africaines prennent le devant sur le Sénégal en matière de respect des droits et liberté ».

« Pas de cours à l’université », menacent les étudiants

A côté de l’ultimatum donné par Alioune Badara Mbodj du mouvement Frapp/France dégage, les étudiants, également très remontés, menacent paralyser le système universitaire tant que leur professeur et leurs camarades étudiants, parmi les personnes arrêtées, ne seront pas libérés. « A l’université, il n’y aura plus de cours sans nos camarades, on a déjà commencé le front, prévient Assane Diaw. Nous ne comptons pas nous arrêter sans qu’ils ne soient libérés. Il y a des milliers d’étudiants qui attendent Dr Babacar Diop, et ils doivent soutenir leur mémoire. Le combat vient de commencer ». « Dr Babacar Diop dans les amphithéâtre », scandent les manifestants.

Présence de politiciens

« On refuse et pour ça, nous voulons qu’on libère nos otages, que cette initiative d’augmenter la facture d’électricité soit annulée une bonne fois pour toute sinon vive la mobilisation », martèle Mamadou Mignane Diouf, le coordonnateur du Forum social sénégalais. Dans ce sillage, par la voix de son coordonnateur, Aliou Sané, le collectif "ño lank" se dit à l’écoute du pouvoir en place pour la suite à donner à leur mobilisation. « Il faut qu’on reste déterminé », lance le ’’Y’en a marriste’’.

Thierno Bocoum, l’ex-juge Dème, Cheikh Bamba Dièye, entre autres responsables politiques, étaient de la partie. Seule fausse note, des manifestants ont failli gâcher la fête, huant la Rts, au niveau du point de chute. Heureusement que Malal Talla et Cie ont réussi à leur faire entendre raison en les ramenant dans les rangs. La manifestation s’est terminée à 18 heures précises.

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