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LES MÉDIAS FACE AU DÉFI INÉDIT DE LA COUVERTURE

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C’est l’heure du journal de la mi-journée à QTV, l’une des télévisions les plus en vue actuellement en Gambie. La campagne électorale, ouverte il y a une semaine, domine l’actualité. La demande est forte mais il n y a aucun programme qui est dédié à la campagne.

« Les gens l’ignorent, mais nous ne sommes qu’une modeste équipe de télévision, invoque Ade Daremy, ancien de la BBC, rédacteur en chef qui se démène dans la salle de rédaction. Nos ressources ne peuvent pas nous permettre de couvrir la campagne. Je n’ai que dix reporters dans la rédaction. La campagne, c’est intéressant, mais ce n’est pas la seule actualité. Nos correspondants régionaux comblent un peu le gap. »

La chaine a déployé une équipe pour suivre la campagne du président sortant seulement, mais pas les autres. Accusée de parti pris par l’opposition, la direction du support médiatique tente de se justifier.

« Honnêtement, nous avons entendu les critiques çà et là mais nous répondons que la télévision nationale est la seule entité censée couvrir entièrement la campagne, renchérit-il. Nous, nous sommes un média privé aux ressources limitées. »
Réalité tout autre à la GRTS, la télévision nationale gambienne. En cette après-midi, la rédaction est désertée par les reporters dont la plupart sont sur le terrain. Après avoir déployé une équipe pour chaque candidat, le média de service public alloue aux challengers un espace en prime time.

Chaque candidat a trente minutes chaque soir, 10 mn pour exposer son programme, 20 minutes pour revenir sur les temps forts de sa campagne du jour, révèle Malick Jeng, son directeur général. Personne ne peut nous accuser de partialité, se défend le nouveau patron. »

Mais malgré ce gage de bonne volonté, un parti de l’opposition a récemment annoncé qu’il a décidé de boycotter la GRTS avant de revenir à de meilleurs sentiments.

Amadou BARRY

16 novembre 2021