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MACKY MET LE CURSEUR SUR LES LIMITES DES OPÉRATIONS DE PAIX DE L’ONU

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La question du terrorisme en Afrique est au cœur du 8e Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique. Venu présider la cérémonie de lancement des travaux dudit forum qui porte sur le thème : « L’Afrique à l’épreuve des chocs exogènes : défis de stabilité et de souveraineté », le président Macky Sall déclare que s’agissant du terrorisme en Afrique, ses multiples connexions avec l’extérieur en font une partie intégrante du terrorisme international. « Si le continent est devenu aujourd’hui un des épicentres du terrorisme, dit-il, c’est bien parce que le fléau est alimenté par la criminalité transfrontalière, la prolifération illégale des armes, les flux financiers et trafics illicites de tout genre, et la participation de combattants étrangers. Des États sont menacés jusque dans leur existence, des vies humaines perdues au quotidien, des services sociaux de base détruits, et plus de 30 millions de personnes restent réfugiées ou déplacées à l’intérieur de leur propre pays », déplore le président sénégalais, par ailleurs président en exercice de l’Union africaine.

« c’est toute la doctrine des Opérations de paix qu’il convient de mettre à jour »

Face au terrorisme, pense-t-il, les Opérations classiques de paix des Nations Unies ont montré leurs limites. La preuve, explique Macky Sall, « des casques bleus attaqués jusque dans leurs propres bases, sans capacités significatives de riposte, ne peuvent assurément pas protéger des populations menacées par des groupes terroristes. Comment d’ailleurs maintenir la paix quand elle n’est même pas rétablie ? En vérité, c’est toute la doctrine des Opérations de paix qu’il convient de mettre à jour en intégrant pleinement la lutte contre le terrorisme, y compris en Afrique ». Il ajoute : « comme je l’ai indiqué dans mon adresse à la 77e Session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le terrorisme qui gagne du terrain sur le continent n’est pas qu’une affaire africaine. C’est une menace globale qui relève de la responsabilité première du Conseil, garant du mécanisme de sécurité collective, en vertu de la Charte de l’Organisation. L’inertie du Conseil de sécurité dans la lutte contre le terrorisme en Afrique porte en elle la défaillance du système multilatéral ».

« Nous ne pouvons pas compter sur le financement extérieur pour assurer notre propre sécurité »

Selon lui, pour inspirer confiance et adhésion, le multilatéralisme doit servir les intérêts de tous. Autrement, il continuera de susciter la méfiance des uns, la défiance des autres, et de perdre ainsi la crédibilité et la légitimité attachées à son autorité. « Il faut espérer que le Conseil consultatif de haut niveau sur un multilatéralisme efficace, mis en place par le Secrétaire général des Nations Unies, fera œuvre utile en examinant des problématiques majeures telles que la paix et la sécurité, le climat, l’architecture financière internationale et l’espace numérique. Cela dit, il urge pour nous de rendre opérationnelle la Force africaine en attente (la FAA) et de financer de façon plus adéquate le Fonds de la paix de l’Union Africaine. Nous ne pouvons pas compter sur le financement extérieur pour assurer notre propre sécurité et bâtir une architecture de paix viable ».

Cheikh Moussa SARR
Abdoulaye SYLLA (Photo)

24 octobre 2022


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