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LES PAYS AFRICAINS TAPENT DU POING SUR LA TABLE

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« Maintenant, il faut réparer ». C’est le coup de gueule des chefs d’État africains, à Glasgow, dans le cadre de la COP26, regroupant quelque 120 chefs d’État et de gouvernement. Se démarquant lors de l’ouverture du Sommet, autour de l’urgence climatique, le président du Malawi, Lazarus McCarthy Chakwera, a directement pointé du doigt la responsabilité historique des pays développés dans le mauvais score de l’Afrique australe en matière d’émissions de carbone.

"Qui a laissé les pays africains sans aucun ustensile pour cuisiner ? Qui nous a laissés sans autre source d’électricité que le charbon pour s’éclairer ?", a-t-il demandé, faisant référence à l’embargo international lié au régime d’apartheid qui a conduit les autorités sud-africaines à transformer le charbon présent dans son sol en carburant et en combustible. « Maintenant, il faut réparer ! », s’est exclamé le président malawien. Avant de conclure, dans des propos repris par Jeune Afrique : « nous ne demandons pas des dons mais une taxe de nettoyage. »

L’Afrique du Sud est le plus grand émetteur de CO2 du continent et parmi les plus gros contributeurs mondiaux, avec près de 1,5 % des émissions mondiales.

Dans un autre registre, le président nigérien Mohamed Bazoum a, quant à lui, profité de la tribune de dix minutes qui lui était offerte pour appeler la « communauté internationale à constituer un fonds de soutien financier aux pays du Sahel dont les populations pastorales et les terres agricoles sont menacées par les sables ».

Au cœur de la région sahélienne, le Niger subit, du fait des changements climatiques grandissants provoqués principalement par les émissions de CO2 des pays développés, une désertification accrue de ses surfaces arables. Un phénomène qui « favorise le terrorisme dans la région », rappelle le président nigérien.

Ali Bongo, Denis Sassou-Nguesso, Faustin-Archange Touadéra, Uhuru Kenyatta, Abdel Fattah al-Sissi, George Weah et Hakainde Hichilema se sont également exprimés lors de la première journée.

Faure Gnassingbé, Nana Akufo-Addo, Félix Tshisekedi, Umaro Sissoco Embaló, Andry Rajoelina, João Lourenço ou encore Emmerson Mnangagwa doivent prendre la parole aujourd’hui.

L’enjeu des discussions : déterminer si l’ensemble des pays, développés et en développement, peuvent enfin mener à bien les actions urgentes nécessaires pour limiter les effets du changement climatique en cours.

Le contexte reste globalement pessimiste depuis la publication, en août, du dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (Giec) : une température mondiale qui devrait augmenter de 1,5°C dix ans plus tôt que prévu, un réchauffement qui pourrait atteindre, selon les pays et les hypothèses, entre 3,3 à 5,7°C et une concentration de gaz carbonique dans l’atmosphère à son niveau le plus haut jamais atteint.

Dié BA

2 novembre 2021