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LES RENDEZ-VOUS RATÉS AVEC DIOUF ET WADE

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Peut-être bien que des débats entre députés dans les départements peuvent encore relever de rêve ou de vœux pieux. Pourtant, c’est un moyen de communication qui pourrait être plus pertinent que les meetings folkloriques où l’on n’entend ni ne comprend aucun message. Si les politiques arrivent à accepter un scrutin législatif à deux tours, les débats télévisés pourraient suivre. C’est une question de maturité et d’audace.

Quand Wade attendait Diouf dans l’enceinte de la Rts
Que Mimi Touré et Ousmane Sonko concrétisent ce débat ou non, il faut poser le… débat. Quel plaisir de voir des candidats à la Présidentielle se confronter ou confronter leurs programmes devant les Sénégalais, en direct. D’autant plus que la démocratie a déjà offert au Sénégal ce « luxe » de vivre deux seconds tours, ce qui est rare en Afrique. Et encore, certains pays du continent ont dépassé le Sénégal dans ce domaine et le vivent comme une routine démocratique. En 2000, ils étaient nombreux à espérer suivre un face-à-face épatant entre le sortant Abdou Diouf (près de 41%) et son adversaire au second tour, Me Abdoulaye Wade (32%). Dans Le Sénégal à l’heure de l’information-technologies et société, un ouvrage dirigé par Momar-Coumba Diop, paru aux Éditions Karthala, en 2003, les auteurs rappellent cette séquence : « Sentant le vent tourner en sa défaveur, Abdou Diouf avait accepté, après le premier tour, de participer à un talk-show organisé par Sud Fm. Trop peu trop tard d’autant qu’il avait refusé un débat télévisé avec Abdoulaye Wade, lequel poussa le sens du spectacle jusqu’à aller l’attendre dans l’enceinte de la Rts. »

Macky Sall : « Si Wade est prêt pour un face-à-face, je suis prêt »
Comme qui dirait à chacun son tour… au second tour ! En 2012, Abdoulaye Wade qui défiait Abdou Diouf fait moins que son prédécesseur en termes de voix avec 35% et va faire face à celui qu’il a formé, promu, fabriqué. Macky Sall réussit à se qualifier avec un quart des suffrages (plus de 26%), laissant derrière lui Moustapha Niasse, Ousmane Tanor Dieng, Idrissa Seck et autres. Il est dans la peau du favori et réclame un débat télévisé. « Est-ce que je serais prêt pour un face à face télévisé ? Bien sûr ! Si lui est prêt, moi je suis prêt... », avait-il répondu à Rfi le 29 février 2012. Ajoutant sur un ton ironique : « Je le terrasserai, mais il est mon père et en Afrique, les vieux, quand on les terrasse, il faut les terrasser gentiment. » Il ne le terrassera que par les urnes. Et c’était un autre rendez-vous manqué de la fête de la démocratie et de la télévision.
En 2012, le Cnra et la Rts étaient prêts

Et pourtant, ce duel télévisé était tellement attendu que des organes privés s’étaient encore proposés pour l’organiser. La présidente du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra), Nancy Ngom Ndiaye avait, alors, précisé que les modalités, la durée sont sous la supervision de l’organe. Qui, d’ailleurs, envisageait de rencontrer les mandataires des deux candidats pour échanger avec eux sur les modalités d’organisation, de programmation et de diffusion d’un éventuel débat radiotélévisé si ces échanges aboutissent à un accord avec les deux parties, rapportait l’Aps. La Rts aussi était disposée à organiser le débat télévisuel entre le candidat de Fal2012 et celui de Benno bokk yaakaar (Macky2012 au premier tour). « La Rts est prête et le débat doit se faire », avait dit son directeur général Babacar Diagne, lors de l’émission matinale de la Rts, Kénkéliba. C’est lui qui est aujourd’hui président du Cnra.

H. KANE

25 juillet 2022


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