« LES RETOMBÉES FINANCIÈRES DU MONDIAL SONT DANS LES CAISSES DE LA FÉDÉRATION »

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SAËR SECK, PRÉSIDENT DE LA LSFP

Le championnat national de football semble parti pour un nouveau départ. Avec l’apport du nouveau partenaire StarTimes et les retombées financières de la Coupe du monde, les dirigeants du football sénégalais n’ont plus la possibilité de plaider le prétexte du manque de moyens. C’est l’avis du président de la Ligue sénégalaise de football, Saër Seck, qui tient toutefois à mettre la pédale douce dans la gestion de la manne financière devenue importante autant à la LSFP qu’à la fédération sénégalaise de football, de quoi attirer naturellement les convoitises des acteurs du football local. Deuxième jet de l’entretien exclusif accordé à Emedia.sn.

Président Saer Seck, Après la première journée de la ligue 1, il y a eu un record de buts (17), avec des réalisations à tous les matchs, ce qui n’est pas une grande habitude du championnat national (l’interview a été réalisée avant la 2e journée, qui a également été prolifique avec 13 buts et un seul match sans but). De bon augure pour la saison qui démarre ?

Je l’espère. C’était une première journée très riche. D’habitude, les équipes sont très prudentes mais nous avons eu beaucoup de buts et beaucoup d’initiatives offensives. J’espère que la saison sera assez animée en ce sens que notre football puisse, d’un point de vue de sa production et de sa qualité, franchir un certain nombre de paliers que nous attendons tous. On verra quelle va être la confirmation de ce bon début de championnat.

Il reste toutefois à résoudre la lancinante équation du public qui peine à coller. Est-ce qu’une stratégie est mise en place pour l’attirer, au-delà du spectacle proposé sur le terrain ?

Le public, c’est vrai tarde à revenir mais c’est surtout à Dakar. On est assez satisfait dans les régions pour ce qui concerne le taux de fréquentation des stades. Et quand je dis dans les régions, je peux même englober Rufisque puisque lors de la première sortie et le retour de Tengueth FC dans son fief, le stade a affiché complet. À Saint-Louis, à Kaolack et à Pikine également, c’est pareil. À Ziguinchor, le Casa a un public qui colle à son équipe. Le problème, c’est Dakar. Le public dakarois est assez friand de spectacle. Ce qui est une première chose. Et la deuxième est que dans les régions, il y a une affiche tous les 15 jours. A Dakar, c’est le cas à chaque journée. Il y a également la dimension des stades. Lors de la première journée de lancement à Léopold Senghor, ce que nous avions réussi à mobiliser, si on l’avait mis dans un petit stade, il aurait refusé du monde. Si c’était à Demba Diop, on aurait eu un stade quasi-plein. Ceci dit, on a également de bonnes affluences quand on prend on certain nombre de matchs que sont les finales de la coupe de la Ligue, les grands derbys, avec des équipes populaires plus que certaines équipes comme Diambars, l’As Douanes… Maintenant, d’aucuns disent qu’il faut organiser des activités à côté, comme amener des artistes, faire des animations, amener des joueurs des écoles de football… À titre personnel, je ne suis pas convaincu que c’est ce qui va ramener les supporters, mais ça reste des options à envisager. On espère avec le contrat signé avec StarTimes, nous allons redynamiser le championnat.

Parlons de cet accord avec StarTimes. Avec l’argent évoqué et les ressources tirées de la dernière campagne de la Coupe du monde en Russie, il y a beaucoup d’attentes puisque le prétexte du manque de moyens ne peut plus prévaloir. Concrètement, qu’est-ce que les clubs vont en tirer ?

D’abord, il faut faire le distinguo entre les choses de manière à les clarifier. Les retombées de la Coupe du monde se trouvent dans la caisse de la Fédération Sénégalaise de Football qui n’a rien à voir avec la caisse de la Ligue de football professionnel. Toutefois, il y a un certain nombre de subventions qui ont été octroyées aux clubs par la Fédération, mais aussi aux différentes associations. De même, la Ligue a reçu, dernièrement, un chèque de 50 millions de francs CFA. Concernant StarTimes, c’est un contrat qui nous permettra d’avoir 800 mille dollars, à peu près 500 millions de francs CFA, tous les ans pendant 10 ans. Cela permettra à la ligue d’avoir un peu plus de visibilité et peu plus de moyens d’action... Il va être difficile d’alléguer du manque de moyens de la ligue pour ne pas avoir assez d’initiatives. Maintenant, en même temps, vous me demandez ce que les clubs vont avoir. Il faut savoir que si l’argent va aux clubs, il n’est plus à la ligue et s’il va à la ligue, il n’est plus aux clubs (rires…). Lors des prochaines réunions de la Lsfp, c’est un des axes autour desquels nous avons décidé de discuter afin de préparer quelque chose à l’attention du conseil d’administration qui décidera au final de la manière dont les ressources seront gérées. Cela veut dire qu’on arbitrera pour que les clubs puissent se sentir un peu plus confortables tout en permettant à la Lsfp de dérouler un certain nombre de stratégies…

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