« LES VÉRITABLES ENJEUX DE LA PRÉSIDENTIELLE DE 2019 »

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LR DU TEMPS

Invités de ’’LR du temps’’, émission animée par Alassane Samba Diop, sur iRadio, Babacar Fall, membre du Groupe de recherche et d’appui-conseil pour la démocratie participative et la bonne gouvernance (GRADEC) et Mansour Tall, coordonnateur nationale des villes durables de l’ONUDI (Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel), fixent les véritables enjeux de la présidentielle du 24 février 2019. Selon eux, les problèmes sont autres que le fichier électoral.

L’enjeu, ce n’est pas le fichier électoral. C’est la sentence de Mansour Tall. Il explique : « Il est tout à fait clair aujourd’hui que les Sénégalais sont eux-mêmes garants du processus électoral parce que tous les résultats sont connus dans le plus petit bureau de vote et personne ne peut maquiller aujourd’hui les résultats. Maintenant, il faut garantir l’équité à l’accès aux outils, à la presse et aux financements. C’est ça les grands enjeux. »

Mais, poursuit-il, « nous devons rendre plus perfectible le processus électoral en faisant en sorte pour des raisons économiques et financières, qu’on vote avec un bulletin unique. En rationnalisant l’espace politique pour que les partis politiques ne soient pas toute dans cette confusion qu’on voit et surtout garantir un débat serein, responsable au niveau des partis politiques qui, à mon niveau, sont devenus très faibles vu le niveau des débats. On verse vite dans l’insulte. »

Des partis politiques business

L’expert électoral, Babacar Fall, ne dit pas le contraire : « Nous assistons aujourd’hui à un affaissement idéologique au niveau des partis politiques mais également du point de vue de la qualité même de la formation des militants. Dans certains partis, il y avait des écoles de formation. Maintenant, il y a eu un changement de paradigme. Les partis sont devenus des entreprises politiques. Les gens sont dans l’entrepreneuriat. C’est ça le problème, les gens ont fait des partis politiques un business où ils mettent en avant des intérêts et cherchent à gagner de l’argent. »

« Il faut que les gens acceptent de dialoguer mais de dialoguer dans la transparence et le respect mutuel. Et cela fait défaut et l’arbitre qui est la société civile ne joue plus franc-jeu depuis quelques temps parce qu’il y a une alliance systématique entre la société civile parfois et l’opposition. Et, c’est tout à fait normal que l’Etat récuse cet état de fait », tranche Mansour Fall.

Un autre problème, souligne Babacar Fall, c’est celui des égos. « Certains nombre de comportements ne vont pas aujourd’hui dans le sens de favoriser le respect mutuel entre les différents acteurs. Par exemple, je discutais avec des amis de l’APR il y a deux semaines, ils me disaient : ’Ces gens de l’opposition ne digèrent pas encore la défaite de 2012. Ils n’ont pas de respect pour le président de la République. Ils ne veulent même pas utiliser de ’Monsieur le président’. De l’autre côté, le même président affiche un certain mépris vis-à-vis de ses adversaires et de ses anciens camarades de parti. » Selon l’expert électoral, il appartient au chef de l’Etat de prendre de la hauteur.

Poursuivant, il préconise « des assises pour mettre de l’ordre dans la presse, dans la société civile, dans les partis politiques parce qu’il n’y a plus de lisibilité. Donc, il faut clarifier tout cela. »

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