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LES VILLES INTERMÉDIAIRES ABRITENT 174 MILLIONS D’HABITANTS EN AFRIQUE

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L’horizon 2063 de l’Afrique sera caractérisé par deux tendances lourdes : la mondialisation, l’urbanisation et la métropolisation des villes. L’urbanisation ne se résumera pas à l’évolution des villes ; l’urbanisation marque tous les territoires, urbains mais aussi ruraux. Face à ces défis, la 9ème édition d’Africités qui se tient actuellement à Kisumu, au Kenya, met les villes secondaires au devant de la scène.

Selon le Forum des villes et métropole africaines, l’armature urbaine de l’Afrique a rapidement évolué. Pour preuve, « en 1960, l’Afrique comptait deux villes de plus d’un million d’habitants, le Caire et Johannesburg. En 2015, on compte 79 villes africaines de plus d’un million d’habitants et 21 villes comptent plus de deux millions d’habitants. Cinq villes dépassent 8 millions d’habitants, une par sous-région : Lagos, Le Caire, Johannesburg-Gauteng, Kinshasa et Nairobi. L’urbanisation ne se résume pas aux grandes villes ; 70% de la population urbaine réside dans les villes secondaires ».

La même source explique l’armature urbaine sera caractérisée par la métropolisation. La tendance à la précarisation accentue les exclusions et les ségrégations urbaines. Dans les vingt prochaines années, il faudra accueillir, en Afrique, une population urbaine additionnelle équivalente à la population urbaine actuelle, soit près de 500 millions de nouveaux urbains. Toutes chosent qui poussent Africités 9 à faire le focus sur ces villes secondaires qui sont toutes celles qui réunissent plusieurs fonctions et qui ne sont pas primatiales. Elles disposent d’antennes de structures nationales, qui proposent un accès facilité aux actes administratifs, sanitaires, sociaux et au crédit (microcrédit) pour les producteurs agricoles mais aussi les entrepreneurs non agricoles de la région.

Ainsi, durant 5 jours à Kisumu, au Kenya, des échanges, dans le cadre de sessions, panels, side events et exposition se tiennent autour du thème consacré à sommet : « Le rôle des villes intermédiaires en Afrique dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030 des Nations Unies et de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine ». Conformément au thème, Kisumu est la première ville intermédiaire à accueillir l’événement.

Un cadre de questionnement en 12 points
Le Président Uhuru Kenyatta dans son discours d’ouverture du sommet, a appelé les différents participants à en faire un forum de questionnement pour que le sommet soit un véritable succès. Ainsi, le chef de l’exécutif kenyane a proposé un cadre de questionnement en 12 points basé sur la manière dont les gouvernements nationaux peuvent soutenir une mobilisation des ressources afin d’assurer des services en toute efficacité dans les villes intermédiaires. Parmi les questions qui se posent, figure en bonne place le fait de savoir « quelles stratégies et politiques sont nécessaires pour lutter contre les menaces de radicalisation et de terrorisme, en particulier dans les zones urbaines, y compris nos villes intermédiaires, et quels cadres juridiques et politiques doivent être établis afin de favoriser le développement robuste et durable des villes intermédiaires ».

« Le temps est venu de renforcer le rôle des villes intermédiaires en tant que prochaines frontières de l’urbanisation et du développement en Afrique. Un taux d’urbanisation sans précédent a vu 1086 villes intermédiaires abrite 174 millions de personnes représentant 36% de la population urbaine totale de notre continent et contribuant à environ 40% du PIB de poursuivre pour souligner qu’au « moment où délégués et acteurs de la gouvernance locale se réunissent pour délibérer sur la manière dont nous pouvons établir une transition vers un nouveau paradigme urbain et libérer le potentiel des villes intermédiaires pour favoriser le développement inclusif et la réalisation de nos ODD et de toutes les autres initiatives de développement socio-économique, nous devons garder à l’esprit que l’Afrique devient de plus en plus urbanisée. L’accent traditionnel mis sur le rural dans les plans de développement risque de marginaliser une partie croissante de notre population qui sera bientôt majoritaire », a déclaré Uhuru Kenyatta.

La position de CGLU Afrique sur le climat et les villes
À la lumière des différentes interventions, on peut noter que les collectivités territoriales jouent un rôle clé dans la réalisation de l’Agenda 2030 et de l’ODD 13 en assurant un changement de paradigme vers des voies de développement à faibles émissions et résilientes au changement climatique. Les villes produisent entre 71 % et 75 % des émissions totales de gaz à effet de serre (GES). À cet égard, en dépit des niveaux croissants d’attention et d’action sur le changement climatique à l’échelle des villes, une grande partie de cette activité est largement découplée du cadre politique national. La position de CGLU Afrique sur le climat est que la bataille contre le changement climatique sera perdue ou gagnée dans les villes et les territoires. CGLU Afrique plaide pour la territorialisation des CDN et l’adoption d’une approche ascendante de leur définition, à partir des Contributions déterminées localement (CLD).

Pour Jean Pierre Elong Mbassi, Secrétaire général de CGLU Afrique, « la réalité de notre continent se reflète dans la manière dont nous traitons nos villes intermédiaires. Les villes intermédiaires sont notre cible clé de gouvernance. Traitez-les bien et elles traiteront bien les citoyens africains, traitez-les mal et nous échouerons dans nos progrès ».

Un dialogue entre les anciens Chefs d’État a suivi l’ouverture officielle sur le financement des infrastructures et de l’urbanisation en Afrique pour la réalisation des ODD et de l’Agenda 2030 des Nations Unies et l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Mandiaye THIOBANE
(Envoyé spécial à Kisumu)

19 mai 2022


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