LETTRE OUVERTE DE SERIGNE MBACKÉ NDIAYE AU CORPS POLITIQUE SÉNÉGALAIS

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CONTRIBUTION

Frères et sœurs militants, camarades sympatisants, mes chers compatriotes.

J’ai pris la résolution de mener une profonde réflexion et à haute voix, donc avec tous mes compatriotes, pour amorcer des réformes courageuses tendant à rationnaliser les partis politiques, à moraliser la vie politique, à crédibiliser d’avantage le militantisme et à amener plus de Sénégalais à s’engager politiquement, la politique étant l’art de gouverner la cité, cette cité sans laquelle nous n’existons pas.

Je commencerai ma réflexion par une question : Et si le Président Léopold Sédar Senghor avait raison ? Ceci peut-être le titre d’un roman si on relit l’histoire politique de notre pays.

En effet, le Président Senghor, après avoir, avec l’aide du Président Mamadou Dia, anéanti toute forme d’opposition politique ou syndicale à partir de 1966, est revenu en 1976, pour faire voter une Loi sur les courants de pensée qu’il limitait à quatre (4) :
-  Un courant socialiste démocratique occupé par l’UPS/PS ;
-  Un courant libéral « imposé » au PDS qui se réclamait du socialisme travailliste ;
-  Un courant marxiste-léniniste incarné par le PAI de Majmouth Diop ;
-  Un courant conservateur revendiqué par le MRS de feu Maître Boubacar Guèye.

Le Président Senghor estimait que quatre (4) partis étaient largement suffisants pour un pays comme le Sénégal.

Ce n’est qu’à partir de 1981 que le Sénégal retrouvait le multipartisme intégral avec l’accession à la magistrature suprême du Président Abdou Diouf qui, au bénéfice de l’article 35 de la Constitution, devenait le deuxième président du Sénégal.

Mais il convient de rappeler que la Constitution du Sénégal a toujours permis le multipartisme mais Senghor et son régime, par maintes actions, nous maintenaient dans un régime de parti unique de fait.

À partir de 1981 donc, les partis et syndicats poussaient comme des champignons, ce qui n’a jamais était du goût des Sénégalais. Aujourd’hui, notre pays compte plus de trois cent (300) partis politiques qui ne vont jamais à des élections individuellement.

Beaucoup de leaders cherchent des coalitions pouvant leur permettre d’aller à l’Assemblée nationale.

L’heure est donc venue de tenter ces réformes pour moraliser la vie politique, rationaliser les partis et les crédibiliser davantage.

La résolution de ces problématiques, c’est mon intime conviction, passe par des décisions fortes, courageuses et patriotiques et dont la plus importante est le regroupement des partis de même obédience. Ainsi, nous aurions un grand Parti libéral composé du PDS dont le Secrétaire Général National le Président Abdoulaye Wade est le père du libéralisme en Afrique noire et l’initiateur incontesté du libéralisme social, l’APR avec le Président Macky Sall leader du libéralisme au Sénégal, le REEW MI de Idrissa Seck, le BOKK GUISS GUISS de Pape Diop, l’UMP de Souleymane Ndéné Ndiaye, LDR YESSAL de Modou Diagne Fada, le PLD de Oumar Sarr, la CLP que nous incarnons, les figures marquantes comme Farba Senghor, Pape Samba Mboup, la liste est longue…
Les socialistes avec le Parti socialiste, l’AFP, l’URD, le Grand Parti et tous ceux qui viennent de cette grande formation de Léopold Sedar Senghor et de Abdou Diouf se retrouveraient dans ce grand Parti socialiste.

Les Marxiste-Léninistes du PAI, du PIT, de la LD, de And Jëf, du Nouveau Parti, APL de Moustapha Fall Ché (je passe sous silence les querelles et divisions internes) pourraient ainsi continuer à assurer leur rôle d’avant-garde comme le firent les Seydou Cissokho, Majmouth Diop, Amath Dansokho, Joe Diop, Abdoulaye Ly, Moussa Kane, Sémou Pathé Guèye, Mamadou Diop Decroix, Samba Diouldé Thiam, Maguette Thiam etc…

Les amis et disciples de Cheikh Anta Diop et de Mamadou Dia qui défendent des valeurs africaines et sénégalaises ont aussi leur place dans cette réforme.
Le Sénégal se retrouverait alors avec quatre (4) grandes formations politiques, ce qui n’exclut pas l’existance de Partis qui ne se sentent pas concernés par ces regroupements.

Pour y parvenir, nous devons oublier nos personnes, nos postures présentes et futures et ne rechercher que l’intérêt suprême de notre pays qui n’approuve pas un Sénégal avec plus de 300 Partis politiques.

Voilà mes frères et sœurs militants, camarades sympatisants et chers compatriotes la réflexion que j’ai souhaité engager avec vous.

Qu’on ne me dise pas que ce n’est pas possible. C’est une question de volonté et de courage politique. Ce sera difficile, oui. Mais c’est le difficile qui est le chemin.

Par Serigne Mbacké NDIAYE
Président de la CLP et Coodonnnateur du RAPEL

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