LEVÉE DE FONDS DE PASTEF : EL HADJI KASSÉ ET SOUDIECK DIONE DIVISÉS

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LR DU TEMPS

La polémique née de la levée de fonds organisée par le parti Pastef les Patriotes que dirige l’opposant Ousmane Sonko, passée au peigne fin dans le premier numéro de Lr du temps de l’année, ce dimanche, 3 janvier 2021, sur iRadio et Itv. Les invités El Hadji Hamidou Kassé, ministre conseiller chargé de la Culture et des Arts, et Maurice Soudieck Dione, enseignant-chercheur en Sciences politiques à l’UGB, ne parlent pas le même langage surtout après le communiqué du ministre de l’Intérieur, Antoine Félix Diome, menaçant de suspendre le parti.

"La Loi doit s’appliquer à ceux qui la violent"

"De façon concrète, il y a une loi effectivement qui interdit certaines formes de financement des partis politiques, et il faut le rappeler comme le ministre de l’Intérieur, c’est notamment l’article 3 de la loi n°81-17 du 6 mai 1981, relative aux partis politiques. Loi modifiée par la loi 89-36 du 12 octobre 1989, qui stipule clairement que les partis ne peuvent bénéficier d’autres ressources que celles provenant de cotisations, dons et legs de leurs adhérents et sympathisants nationaux et des bénéfices réalisées à l’occasion de leurs manifestations. Et c’est clair et net", a défendu le journaliste. Rappelant que "cette loi n’a pas été votée par le régime de Macky Sall, elle date de 1989."

Par conséquent, "ou bien on accepte de respecter la légalité en ce moment le vivre ensemble fonctionne dans l’harmonie. Ou alors parce qu’on est de l’opposition, on viole la loi et lorsque l’État rappelle les gens à l’ordre, on crie à la menace, à l’intimidation. Il ne s’agit pas de cela, je pense que la loi doit être impersonnelle et s’appliquer implacablement mais de façon intelligente à tous ceux qui la violent pour amener les uns et les autres au respect strict du cadre qui nous lie sinon c’est la jungle", a tranché le responsable de l’APR (Alliance pour la République, parti au pouvoir).

"Il ne faut pas avoir une lecture tronquée de la loi de 1981"

Son co-débatteur n’est pas du même avis : "Il faut ramener les choses à leur juste proportion. En réalité la loi de 1981 relative au financement des partis politiques voulait éviter, dans son esprit, qu’il y ait des forces étrangères qui puissent instrumentaliser des partis politiques au niveau national et mener des activités de déstabilisation. Maintenant, lorsque les membres du Parti Pastef, là aussi, il ne faut pas avoir une lecture tronquée ou biaisée de la loi de 1981. En réalité, si il y a des militants et des adhérents du Parti Pastef à qui on ne peut pas dénier la qualité d’être des citoyens sénégalais, et qui veulent cotiser et participer à l’effort de financement de leurs activités politiques, je crois qu’on ne peut pas le leur empêcher. Puisque ce ne sont pas des forces étrangères qui ne sont en rien liées avec le Sénégal parce que la citoyenneté, c’est un lien qu’on a avec un État qui entraine une réciprocité de droits et de devoirs. Donc s’ils sont des citoyens sénégalais, ils ont le droit que la Constitution sénégalaise leur reconnait de pouvoir militer dans un parti politique, et la loi leur dit ’’quand vous êtes militant d’un parti politique, vous pouvez cotiser pour financer les activités de leur parti politique’’. Donc, je crois qu’il ne faut pas faire d’amalgame. La loi condamne le financement par des puissances extérieures mais on ne peut pas reprocher à des citoyens sénégalais de donner des cotisons, des dons et des legs à ce parti. Il faut que cela soit clair, sinon cela s’apparente à une forme d’acharnement et de violation de la loi qui est contraire à l’esprit de la loi de 1981".
"Il faut que l’État réactualise le débat sur le financement des partis", a souligné Kassé.

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