LIBÉRATION DE HUIT PARTISANS D’IDRISSA SECK

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JUSTICE

Les huit membres de la coalition « Idy 2019 » dont 3 femmes, placés sous mandat de dépôt depuis le 1er mars 2019, sont libres. Jugés, ce mardi, à la barre du tribunal de Grande instance de Dakar pour le délit de participation à un attroupement non armé, ils ont été renvoyés des fins de la poursuite sans peine ni dépens. C’est dire qu’ils ont été relaxés purement et simplement.

Les faits qui leur sont reprochés remontent au lendemain de l’élection présidentielle du 24 février dernier. Les leaders de la coalition « Idy2019 » avaient organisé une conférence de presse au siège de Bokk Gis-Gis pour contester les premières tendances des résultats après le vote. Les femmes de ladite coalition, dans un concert de casserole, avaient, sur ces entrefaites, envahi la VDN en scandant « deuxième tour par la force ». C’est ainsi que les éléments de la police sont intervenus pour les disperser. Ils les ont enivrées de grenades lacrymogènes avant de procéder à des arrestations.

A la barre du tribunal, les prévenus ont tous nié les accusations portées contre eux. Ils ont reconnu avoir assisté à la conférence de presse mais rejettent l’accusation. Invité à faire ses réquisitions, le procureur s’est rapporté à la sagesse du tribunal. A la suite du parquet, les avocats de la défense ont, tour à tour, défilé devant le prétoire pour faire leurs plaidoiries. Leur leitmotiv : la relaxe pure et simple de tous les prévenus. Car, pour eux, ce dossier est vide d’autant qu’il n’y a aucun élément attestant la culpabilité des mis en cause.

« Si le pays est en colère, la justice doit être sereine. Ce dossier est une perte de temps. Il n’y a pas d’infraction. Cette affaire ne méritait même pas de placement sous mandat de dépôt », a dénoncé Me Baba Diaw qui constate, pour le regretter, que la démocratie sénégalaise a régressé. Me Ousseynou Ngom estime que l’Etat du Sénégal a manqué de sérénité dans cette affaire. Selon lui, la manifestation est un droit fondamental et, les forces de l’ordre n’ont pas le droit de brutaliser des personnes qui exercent un droit qui leur appartient, celui de manifester.

Pour sa part, Me Khoureychi Ba est d’avis que les citoyens ont le droit de manifester quand ils ne sont pas d’accord avec les résultats de l’élection présidentielle. « Les Sénégalais ne se reconnaitront jamais dans un pouvoir dont ils doutent de la légalité. Nous vivons une crise qu’on a jamais vécue dans ce pays », déplore l’avocat. Abondant dans le même sens que ses confrères, Me Ousseynou Fall rappelle que le droit de manifester est fondamental. Selon lui, les prévenus ont exercé un droit qui leur est reconnu par des conventions internationales ratifiées par le Sénégal. Mais, fustige-t-il : « C’est cet Etat voyou qui viole les conventions qu’il a signées ». Rendant son verdict, le juge suivi à la lettre la plaidoirie des avocats de la défense.

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