LIEUX DE VOTE DES CANDIDATS : DAKAR DÉSERTÉE, ENTRE HISTOIRE ET STRATÉGIE

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PRÉSIDENTIELLE 2019

La région de Dakar n’a pas seulement perdu près de 5% de son poids dans l’électorat national, même s’il regorge toujours du plus grand nombre d’électeurs. La capitale sénégalaise sera également confrontée à une situation inhabituelle : aucun des candidats en lice n’y votera. En effet, si les cinq candidats à l’élection présidentielle du 24 février 2019 ont rallié, Dakar ce vendredi, pour leur dernières heures de campagne, ils vont tous repartir, au plus tard demain samedi, pour regagner les villes de l’intérieur du pays où ils devront exercer leur devoir de citoyen.

Un fait historique attire l’attention des observateurs à cette présidentielle, 11e du genre. C’est la première fois, qu’aucun des candidats en lice pour le scrutin présidentiel ne vote dans la capitale. Le président sortant, Macky Sall vote habituellement à Fatick, sa ville natale, au centre du Sénégal. Il en a toujours été ainsi pour lui d’ailleurs, au moins depuis la présidentielle de 2007 pour laquelle il avait été Directeur de campagne du candidat Wade. Il partage cette région et ce département de Fatick avec son adversaire Issa Sall. Seulement, le candidat du Parti de l’unité et du rassemblement (Pur) lui, vote dans la commune de Tattaguine.

Pour sa part, Idrissa Seck, leader de la Coalition Idy2019 vote depuis toujours à Thiès, ville à l’ouest, dont il est le président du Conseil départemental et dont il fut également le maire. Le candidat Ousmane Sonko vote à Ziguinchor, tout au sud. Le candidat de Sonko-Président partage le même centre de vote avec l’ancien ministre et membre imminent du parti au pouvoir, Benoît Sambou.

Enfin, Touba, dans la région de Diourbel (centre nord), va accueillir le vote du candidat Madické Niang, de la Coalition Madické 2019 qui va exercer son devoir de citoyen dimanche, à Touba Darou Marnane, l’un des plus grands centres de vote de la cité religieuse.

En 2012, lors de la dernière présidentielle, la majorité des 14 candidats alors en lice, dont le président sortant, Abdoulaye Wade, avaient voté à Dakar. Wade est d’ailleurs très souvent associé au centre de vote de l’école franco-arabe Fadilou Mbacké du Point E où il a l’habitude de voter, même si cette année, il annonce qu’il ne sacrifiera pas au rituel citoyen. Au tout début de la formation de son parti politique, en 1974, il aurait voté dans sa ville d’origine, Kébémer, avant de changer de lieu de vote.

Aujourd’hui, cette nouvelle tendance des hommes politiques semble beaucoup s’associer à une stratégie, celle de se rapprocher davantage du terroir d’origine, une certaine forme de communication, d’autant qu’après avoir placé le bulletin dans l’urne, il y a de grandes chances qu’ils rejoignent tous la capitale, Dakar, pour retrouver leurs QG respectifs en attente des résultats...

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