LOCALES 2022, AVENIR DES MÉDIA, ENGAGEMENT POLITIQUE...MIK SE DÉVOILE DANS LE GRAND JURY

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MÉDIA

Mamoudou Ibra Kane était, ce dimanche, l’invité du Grand Jury. Bien évidemment, il est revenu sur son livre « Le Sénégal et Mandela : le Grand secret » dont la cérémonie de dédicace s’est tenue, le vendredi 21 mai 2021 au Musée des Civilisations Noires. Mais, le journaliste et Directeur général du groupe Emedia Invest a été également interpellé sur des questions brulantes de l’actualité telles que le nouveau découpage administratif de la région de Dakar et les élections locales qui se profilent à l’horizon.

Par rapport au découpage administratif, Mamoudou Ibra Kane pense qu’il y a des soubassements politiques derrière. « Aucun découpage n’est innocent », a-t-il dit tout en indiquant que ce serait naïf de croire que ce découpage ait été fait pour corriger des incohérences, des imperfections. « Il y a des visées électorales, des visées politiques. Un politique ne fait jamais un découpage innocent », renchérit-il.

Pour ce qui des élections locales, MIK pense que la bataille de Dakar aura bien lieu. Ce, surtout que les uns et les autres ont déjà commencé à affirmer leurs ambitions pour la convoitise de la capitale sénégalaise. D’après le journaliste, la bataille de Dakar sera comme un premier tour de l’élection présidentielle prochaine. A son avis, qui perd Dakar, perdra inéluctablement la présidentielle de 2024.

« ON DONNE LE MICRO À N’IMPORTE QUI »

Auparavant, le Directeur de Emedi s’est prononcé sur le métier du journalisme qu’il exerce depuis un quart de siècle. A la question de savoir s’il a envie de faire autre chose après autant d’années dans cette profession, il rétorque : « je ne suis pas malheureux comme journaliste. C’est un métier que j’exerce avec ma passion, avec amour. Je l’exerce et je continuerai de l’exercer si Dieu me prête longue vie ». Profitant de la tribune qui lui est offerte, Kane relève, pour le regretter, l’anarchie qui règne dans le monde des médias avant de rappeler les professionnels à plus de vigilance. « Nous sommes dans un tournant extrêmement important. Nous avons réussi plusieurs alternances, deux pour être plus précis. Aujourd’hui, il faut s’interroger davantage sur le devenir du Sénégal. Il faut être extrêmement vigilant sur ce qui se passe autour de nous. Le secteur des médias est un secteur où il y a beaucoup d’anarchie, de prétention. On donne le micro à n’importe qui, on cède le micro à n’importe qui. Des gens avec une très grande prétention s’érigent en spécialiste de ceci ou de cela et qui, à mon avis, sont entrés dans le métier par effraction et par la complicité et la complaisance des professionnels. Nous sommes tous responsables », déplore-t-il.

Poursuivant, il invite les journalistes à être conscients du fait que le Sénégal est un pays qui est dans une sous-région marquée par une certaine instabilité liée au terrorisme. Mieux, ajoute-t-il, économiquement, le Sénégal pourrait devenir encore plus intéressant avec toutes ces ressources naturelles qui ont été découvertes. Et les multinationales, les majors, vont arriver avec beaucoup de communication. Ainsi, il attire l’attention des professionnels des médias sur cette transformation qui est en cours. « Il faut être extrêmement vigilant. L’heure est venue pour les gens de ma génération d’être beaucoup plus impliqués et de prendre leur responsabilité ».

A la question de savoir si la politique le tente, il indique qu’il n’en fait pas une obsession. Ce, tout en reconnaissant que la politique est noble et qu’il y a des politiciens qui sont très respectables, qui font preuve de patriotisme et qui ont beaucoup de compétences. Donc, conclut-il « la politique, ce n’est pas à l’ordre du jour mais, je n’exclut pas de m’impliquer davantage. Il ne faut jamais dire jamais ».

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