La Société civile s’inquiète

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Situation électorale du Sénégal

A quelques semaines de l’élection présidentielle de février 2019, la tension est vive au Sénégal. Une situation qui inquiète la société. Qui invite les acteurs politiques à se respecter pour créer les conditions d’un dialogue. Mais, elle dénonce clairement les atteintes à la morale et à l’éthique citoyenne. En effet, dans un communiqué de presse, les membres de la société ont constaté que la démocratie sénégalaise est confrontée à énormément d’écueils du fait d’un jeu des acteurs très controversé. « Depuis l’amorce du projet démocratique, des avancées majeures ont été notées et ont permis de réaliser des sauts qualitatifs du point de vue de l’approfondissement de la démocratie. Ceci a fini de convaincre certains observateurs, de la vitrine que constituait le système politique sénégalais, dans un contexte africain caractérisé par les difficultés dans la réalisation du projet démocratique, des crises post électorales durables et des instabilités structurelles », rappelle-t-on dans le document. Cependant, les membres de la Société civile reconnaissent que le capital politique, acquis grâce à certains sursauts et luttes démocratiques, ne cesse de s’effriter. Ce, du fait d’un mauvais jeu des acteurs et de manifestations flagrantes d’une gestion des affaires publiques jurant d’avec certains principes de gouvernance démocratique, gages de stabilité et de cohésion sociale.

Les germes d’une crise pré-électorale et postélectorale se mettent en place

« Le constat fait actuellement par la plupart des acteurs, notamment de la société civile, permet d’affirmer que tous les germes d’une crise pré-électorale et postélectorale ont fini de se mettre en place ». La société constate, pour le regretter, l’absence de consensus sur la plupart des dispositions dont la finalité est en principe la réalisation d’un processus électoral apaisé et crédible. « Il a été relevé plusieurs faits qui constituent des causes potentielles d’une instabilité durable au Sénégal », indique-t-on dans le document de presse.

La société civile regrette les limites flagrantes observées dans la loi sur le parrainage, ses incohérences et les conséquences désastreuses de son application. Egalement, elle déplore l’attitude du ministre en charge des Elections qui « a affiché de manière ostentatoire son affiliation à un parti politique au mépris de tous les principes de la gestion d’un processus électoral selon les normes et standards internationaux ». Elle condamne l’élimination, par le Conseil Constitutionnel des candidatures de Khalifa Sall, de Karim Wade et d’El Hadj Malick Gakou dans des conditions pour le moins très contestables. Ainsi, la société civile attend également de l’Etat qu’il donne tous les gages nécessaires permettant de rassurer les acteurs impliqués dans la compétition politique.

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