Le scénario d’Oumar Sall, Directeur Cinekap, pour favoriser l’investissement

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CINÉMA

Le Directeur de la maison de production Cinekap, Oumar Sall, ira au festival de Cannes avec le film « Atlantique » de la réalisatrice Mati Diop. Il savoure dans un entretien avec Enquête. « C’est exceptionnel parce que c’est le premier long métrage de Mati Diop. Moi, en tant que producteur, c’est le premier film que je dépose au festival de Cannes. C’est exceptionnel également parce que c’est la première fois que l’Afrique se gère et fixe ses droits dans un film comme celui-là et finalement même le film est déclaré au nom du Sénégal, qui aujourd’hui, doit récupérer l’ensemble des dividendes médiatiques. »

Oumar Sall de poursuivre : « Le pavillon Sénégal est un support qui est né il y a longtemps. Je pense même que c’était un pavillon du livre. C’est un espace culturel qu’on va utiliser pour faire la promotion de nos politiques culturelles mais aussi de nos propres projets de développement. Le plus important, à mon avis, est que le film m’a été présenté par des coproductrices françaises qui connaissent Mati. On a travaillé en parfaite intelligence pour arriver à faire ce film. Le récit s’est passé au Sénégal. Les principaux acteurs en étaient à leur première expérience. C’est une occasion pour moi de magnifier le savoir-faire des techniciens sénégalais. Soixante-cinq (65) techniciens ont participé au tournage de ce film et il y a beaucoup de chefs de poste sénégalais. C’est quelque chose d’extraordinaire. »

Le producteur, qui liste les difficultés pour les petites boîtes africaines comme la sienne, relève la nécessité de « mobiliser les fonds nécessaires ». D’autant plus qu’indique-t-il : « Au Sénégal, nous avons le Fopica (Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle) et les entreprises. » Il ajoute : « Nous avons eu un apport institutionnel du Fopica. Nous en avons aussi reçu des partenaires du Sud notamment de l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie), TV5 Monde, Canal+Afrique et même de la Côte d’Ivoire. Une coopération Sud-Sud que nous avons montée pour arriver à asseoir ces accords de coproduction. Le groupe Afrique à 20 % mais tout est déclaré au nom du Sénégal. D’abord, Mati est sénégalaise, c’est à prendre en compte. Ensuite, le récit se passe au Sénégal. »

Poursuivant, le directeur de Cinekap, qui prend l’exemple du Grand Théâtre, regrette qu’on dise « le Grand Théâtre chinois parce qu’il renvoie à l’identité des bâtiments en Chine. Ce ne sont pas nos architectes qui l’ont conçu pour donner notre identité à ce bâtiment. On a l’argent et on n’oublie de négocier l’identité. C’est valable dans le cinéma. »

Par ailleurs, lance Oumar Sall, « on a l’Union économique monétaire ouest-africaine (UEMOA) mais le Sénégal, la Côte d’Ivoire, tous les pays devraient arriver à un accord commun, par exemple, avec la France, pour qu’en cas de coproduction, il y ait un taux communautaire. Nous sommes à 20% entre le Sénégal et la France mais je pense qu’on pourrait aller jusqu’à 10%. Cela peut favoriser l’investissement c’est-à-dire que cela va encourager les gens à venir chez nous. N’oublions pas qu’on a la démocratie, le soleil et des techniciens talentueux. »

Aussi, il attend les sociétés de téléphonie dans le financement. A la place, déplore-t-il, « ils vous disent ’’Donnez-moi du contenu et de l’argent ’’. Vous leur donnez un film déjà fabriqué qu’elles vont passer sur leurs plateformes, les exploitent comme nos télévisions et prennent un pourcentage. On ne peut pas donner et du contenu et de l’argent, cela ne marche pas. Peut-être dans le cadre des séries télévisées, on peut trouver des modèles économiques mais dans le cinéma, il est tout à fait difficile de ne pas participer en amont dans le plan du financement. C’est à ce niveau qu’on les attend. »

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