MACKY 2, CHRONIQUE D’UNE RÉÉLECTION PRÉPARÉE

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PRÉSIDENTIELLE 2019

Macky Sall a remporté l’élection présidentielle du 24 février 2019 avec un score sans appel. Le présidant sortant a obtenu 58,27 % là où son suivant direct, Idrissa Seck, a obtenu 20,50 % soit une différence de plus 1.6.55.931 voix. Même si cette victoire est rejetée par ses adversaires, avec un net recul, on pourrait dire que Macky Sall avait bien pris les devants en élaborant une stratégie claire, déroulée sans état d’âme, depuis le lendemain de son premier mandat.

Le dialogue de sourds avec son opposition

Au cours du septennat passé, le pouvoir n’a presque pas tenu de dialogue sérieux avec l’opposition. Le Référendum de 2016 modifiant la Constitution, le processus des élections législatives de 2017 et de la présidentielle 2019 n’ont jamais fait l’objet de consensus. L’opposition qui a toujours déploré les méthodes cavalières du régime n’a jamais jugé nécessaire de répondre à des discussions avec le pouvoir. Au finish, la politique de la chaise vide a été bénéfique à Macky Sall qui a déroulé ses plans d’une réélection sans difficulté.

La neutralisation de Karim Wade et de Khalifa Sall

Force est de constater que la participation des candidats du Parti démocratique Sénégalais (Pds) et celui de la coalition Taxawu Sénégal à l’élection présidentielle aurait pu changer la donne. Mais, Macky Sall a pu bénéficier du fait que la Justice ait écarté Karim Wade et Khaifa Sall de la course du scrutin de dimanche dernier. Si le candidat du Pds a été contraint à l’exil et empêché de s’inscrire sur les listes électorales, l’ex-maire de Dakar lui s’est vu infliger une peine qui l’écarte légalement de se présenter à une élection.

Le parrainage ou le filtre piège

Contester de toutes parts par les opposants, le parrainage a fini par s’imposer à eux. Il est devenu une loi. Ce filtre, initié par le pouvoir pour réduire les candidatures fantaisistes, suite à l’anarchie qui a été notée aux élections législatives, a fini par être un fardeau chez les adversaires de Macky Sall. Sur les 27 candidatures déposées auprès du Conseil constitutionnel, 22 ont été bloquées suite au contrôle du parrainage. Cette limitation de candidats a été profitable au candidat de la coalition Benno Bokk Yakaar. Le contraire réduirait forcément ses chances de passer au premier tour.

Le succès du Pudc et de la bourse familiale

Le monde rural a voté massivement pour Macky Sall. Excepté en Casamance, la quasi-totalité des localités à l’intérieur du pays ont choisi la continuité avec le président sortant. S’il en est ainsi, c’est parce que, son Programme d’urgence développement communautaire (Pudc) a eu son impact chez parents ruraux. Idem pour la bourse de sécurité familiale. Ce programme social a bien résonné chez les familles démunies.

L’apport des transhumants

Il faut le dire, il y a des transhumants de luxe dans la stratégie de débauchage du candidat de la coalition Benno Bokk Yakaar. C’est le cas du maire des Parcelles assainies, Moussa Sy, du maire de Podor Aïssata Tall Sall ou encore du président du Conseil départemental de Kébémer Modou Diagne Fada. Toutes ces personnalités politiques ont des bases politiques affectives dans leurs différentes localités. Leur présence aux côtés de Macky Sall a pesé sur la balance du candidat de la coalition Benno Bokk Yakaar.

Au regard de toutes ces considérations, on peut résumer que Macky Sall a cousu de fil en aiguille son plan pour remplier sans tambour ni trompette.
Désormais, il faudrait passer à autre chose. « La messe est dite. Passons à autre chose. Le président Macky Sall est élu président de la République pour une deuxième fois. Il doit, cette élection, à une stratégie très claire, déroulée sans état d’âme depuis 7 ans, avec des axes d’efforts. Le premier repose sur une tactique juridique qu’Ismaïla Madior Fall a concrétisée en trouvant les moyens juridiques de cette victoire. Le second a été un recensement fondamental des potentiels électeurs par la mise en place d’un nouveau fichier électoral. Comme promis, Aly Ngouille Ndiaye a fait ce qu’il fallait avec intelligence, détermination et courage », a relevé le colonel Momar Ndaw, au lendemain de la victoire de Macky Sall.

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