« MACKY SALL ACTEUR ET SPECTATEUR DE LA GUERRE DES ÉGOS »

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Élections locales

La date des élections locales est connue : le 22 janvier 2022. La bataille de positionnement fait déjà rage entre les différents leaders politiques, notamment au sein de la mouvance présidentielle où certaines tendances émergent. Aux Parcelles assainies, l’ancien ministre de l’Économie des Finances, Amadou Ba et le ministre d’Etat Mbaye Ndiaye ont ouvert les hostilités. Le même constat est fait à Kaffrine où Abdoulaye Wilane du Parti socialiste et le ministre Abdoulaye Sow de l’alliance pour la république (APR) s’entre-déchirent.

Cette guéguerre notée entre des leaders de la coalition de la mouvance présidentielle n’échappe pas à l’œil de Maurice Soudieck Dione, enseignant chercheur en science politique à l’université Gaston Berger de Saint Louis. Faisant l’analyse de la situation, il indique, d’emblée, que ce qui se passe aux parcelles assainies est différent du climat de tension qui règne à Kaffrine. Aux parcelles assainies explique l’analyste politique « c’est la guerre des égos entre deux leaders politiques, membres du même parti politique. Et la bataille de positionnement est inévitable ».

Selon lui, on a d’un côté Amadou Bâ, ancien ministre qui, délégué régional de Dakar, lors de la dernière élection présidentielle a marqué son territoire. Il a fait ses preuves lors de la dernière élection présidentielle. D’un autre côté, poursuit l’analyste politique, on a Mbaye Ndiaye qui est un militant de première heure de l’Alliance pour la république qui veut prouver, lui aussi, qu’il existe. « Mais tout cela, c’est en perspective des élections locales. Et la guerre se fait sous le regard amusé du président de la République. Il les regarde faire sans intervenir. Ainsi, il verra plus clair et saura qui soutenir pour la mairie des Parcelles assainies », a fait savoir M. Dione.

Le professeur Moussa Diaw a la même lecture que lui pour ce qui du cas des Parcelles. Pour lui, il y a un enjeu de taille dans cette localité et c’est la mairie. Les deux leaders ont, à son avis, l’ambition d’être le premier magistrat de la commune, voire plus pour Amadou Ba, et il faut qu’ils se montrent dès à présent. De l’avis Moussa Diaw, l’ancien ministre des Finances fait ses sorties pour se positionner dans l’arène politique et il est conscient que pour qu’il dirige la mairie, le soutien de Macky Sall lui sera d’un grand apport.

« On prête à Amadou Ba des ambitions présidentielles. C’est un homme politique qui a dévoilé une partie de ses ambitions. Il sait que pour diriger le pays, il faut, auparavant, avoir une solide base locale. Laquelle base lui permettra d’asseoir solidement ses arrières », a souligné le professeur Moussa Diaw, indiquant que Mbaye Ndiaye est aussi dans son droit d’annoncer les hostilités pour marquer sa présence.

Cependant, de l’avis de Moussa Diaw, si cette guéguerre prend le dessus au sein de l’alliance pour la république, c’est, en partie, à cause de sa non-structuration, son manque d’organisation.

Macky Sall, acteur et spectateur

S’agissant de Kaffrine, il n’est pas surprenant, selon Maurice Soudieck Dione, qu’il ait cette rivalité entre le ministre Abdoulaye Sow et le maire Abdoulaye Wilane. Ce dernier, porte-parole du parti socialiste, avait déclaré qu’en 2024, ils auront un candidat. « Donc, il voit Abdoulaye Sow comme une présence offensante, dérangeante. C’est une sorte de défiance », a soutenu l’analyste politique qui, dans le même ordre d’idées, pense que cette adversité est un coup de massue à la coalition Benno Bokk Yakkar .

« Ce sont des signes annonciateurs d’un craquement de cette coalition », prévient-il. A son avis, le président de la République qui doit arbitrer est actuellement acteur et spectateur. « En fin politicien, il est en train de voir celui qui va apporter une valeur ajoutée pour le bien de son parti », ajoute-t-il. Pour le professeur de Moussa Diaw, les choses sont claires, l’alliance pour la république veut prendre la mairie de Kaffrine et le ministre de l’urbanisme est intéressé est envoyé au front. Cela peut, à son avis, fragiliser la coalition.

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