MACKY SALL ET LE TERRAIN

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CHRONIQUE

Loin du vacarme de Dakar, le président de la République arpente les chemins sinueux, voire les pistes rafraîchies à la rencontre de ses compatriotes pour « sentir » le pays et humer « l’air du temps ». Il tente ainsi de rompre la solitude du pouvoir. Par le sud et l’est, puis un slalom au centre, Macky Sall a « touché » les réalisations qu’il a du reste inspirées. Du même coup, il s’est aperçu que les transformations induites et le regain de confiance des populations placent le Sénégal au-dessus des obsessions partisanes.

Ce renversement de perspectives change la donne et mesure la progression des facteurs d’équilibre engendrés par ces travaux d’Hercule. Les infrastructures en question ont l’empreinte de la durée. Elles enjambent l’instant pour demeurer. Et se posent comme des bienfaits d’un peuple qui sait apprécier les avancées.

Somme toute, le temps est aux défiances. C’est d’autant plus vrai que même le progrès… n’a pas bonne presse ! Comble de paradoxes.

Oui ceux, nombreux, qui ont eu à emprunter l’autoroute Ila Touba, à l’occasion du récent Magal, relevaient pour s’en féliciter la pertinence de l’ouvrage et les compétences associées dans le pilotage de ce gigantesque chantier. Les régions traversées et les villes secondaires desservies sont reliées à l’ouvrage principal par des raccordements, des bretelles et des voies de décélération dans un subtil effet de connexions construites aux fins d’un maillage de l’hinterland. Il y a fort à parier une relance d’activités agricoles sur l’étendue de ces terres fertiles qui jalonnent à perte de vue le parcours de l’autoroute.

Le contact, le terrain, avons-nous dit, le président Macky adore. D’ailleurs, il se révèle meilleur dans ce registre de dialogue qui lui permet de tester ses options, de discuter ses orientations, de recueillir les observations de terrain et, pourquoi pas, de défendre ses politiques. En clair, au gré de ses déplacements, il poursuit son offensive sur plusieurs fronts dont les moindres ne sont pas : l’économie et le social.

Pour peu, les assauts d’amabilité dont il est l’objet dans chacune des étapes de sa tournée, pourraient s’apparenter à un exercice consommé de communication politique minutieusement étudié. C’est vrai que le président de la République agit avec doigté et précaution dans une démarche prudentielle qui écarte toute improvisation. Si sa tempérance le dédouane par moment, en revanche, son répertoire d’humour le sert grandement pour désarçonner un opposant, détendre l’atmosphère ou remobiliser ses troupes si d’aventure elles étaient en proie au doute.

Le social n’est pas la pire des politiques qu’il a initiées depuis son accession à la Magistrature suprême. Pendant longtemps, les politiques publiques des pays de l’hémisphère sud étaient assujetties à l’ajustement structurel, une des trouvailles du Fonds Monétaire international (FMI) arcbouté aux doctrines libérales en vogue dans les années Quatre-Vingt.

Des décennies plus tard, ces orientations pour le moins discutables montraient leurs limites, en mêmes temps qu’elles laissaient sur les carreaux de larges franges de populations victimes de déflations dans la fonction publiques ou dans les écoles. Pour ce qui est de l’éducation, ceux qui en étaient privés, battent aujourd’hui le macadam à longueur de journée, baluchon sur les épaules à la recherche d’un hypothétique équilibre social.

Et pourtant des chantiers, il y en a ! D’ordinaires ceux-là sont par nature pourvoyeurs d’emplois. Le propre des grands travaux est justement de produire des activités directes ou indirectes par le phénomène des grappes censées impacter une kyrielle d’écosystèmes. A ce sujet, les économistes évoquent « la grande inadaptation des compétences aux besoins des entreprises. » Sans doute un mal qui entretient le chômage presque massif des jeunes reclus dans l’inactivité faute de perspectives…

Pas de mots, ou alors très peu ! Ainsi procède le président de la République, inébranlable face aux fureurs de l’époque mais très porté sur des projets qui entretiennent l’espérance collective. Tout un symbole…

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