MACKY, TANOR, NIASSE... FACE À LA NÉCESSITÉ D’IMPOSER UNE ALTERNANCE GÉNÉRATIONNELLE

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LR DU TEMPS

Macky Sall doit-il se séparer de ses alliés comme Moustapha Niasse et Ousmane Tanor Dieng, présents sur l’espace politique sénégalais depuis des décennies et ainsi imposer une alternance générationnelle pour mieux aborder son second mandat ? C’est l’avis de Jean Martin Coly et Ibrahima Dia, les deux invités d’Alassane Samba Diop, ce dimanche, dans son émission hebdomadaire "Lr du temps", sur iRadio (90.3 FM). Le premier, Sociologue et expert en Sciences politiques, estime qu’il est temps d’envisager d’aller vers un renouvellement générationnel et, pour ce faire, le président réélu doit tendre la main à cette nouvelle donne qui a commencé à se dessiner dans l’espace politique sénégalais. Selon M. Coly, « si Macky Sall veut gouverner de manière stable, pour ce mandat, les jeunes et les femmes doivent avoir une place forte dans sa gouvernance. »

Pour sa part, Ibrahima Dia, socio-économiste, ancien directeur du MCA Sénégal, remarque qu’il y a « une perception qui est là, tenace, parce qu’il y a deux ou trois personnes qui sont autour de lui (le chef de l’Etat) et qui sont là, dans le jeu politique depuis des décennies et ceci participe à conforter cette perception. » Ce qui lui fait penser que Macky Sall devra aller plus loin dans son engagement à consacrer ce mandat à la jeunesse et aux femmes en priorité et cela passe naturellement par le renouvellement de son entourage politique, estime-t-il, d’autant plus que l’influence des leaders du troisième âge se réduit de plus en plus.

« Le dialogue est plus important que les bagarres partisanes »

Par ailleurs, les deux invités ont également abordé la question de la position affichée par l’opposition, qui refuse de féliciter le président réélu, Macky Sall. Ce qui ne surprend guère Ibrahima Dia. « Si on fait l’analyse historique, que cela soit ici ou dans d’autres pays africains, souligne le socio-économiste, le vaincu ne félicite le vainqueur que quand c’est l’opposition qui gagne. L’ancien président félicite l’opposition. Mais quand c’est le pouvoir sortant qui gagne, on a rarement des félicitations mais des contestations. En 2007, c’était la même chose. Les gens avaient contesté et n’avaient pas félicité Wade (après sa réélection). » Il ajoute : « La différence entre maintenant et 2007, c’est que le président sortant avait fait une conférence de presse pour attaquer l’opposition. Cette fois-ci, c’est le contraire. Certainement peut-être dans la perception du président réélu, Macky Sall, c’est son deuxième et dernier mandat et que par rapport à cela il veut léguer au pays une situation beaucoup plus favorable. Mais aussi parce que les enjeux sont énormes, on passe d’un pays dépendant du pétrole de l’extérieur à un pays qui va entrer dans l’ère du gaz et du pétrole. Les enjeux sécuritaires sont également très importants. »

Tout cela, tranche Ibrahima Dia, « fait que les enjeux sont très élevés. C’est pour cela qu’on devrait apprécier cette main tendue et ne pas trop se focaliser sur le fait que d’autres n’ont pas félicité parce que c’est moins important. Ce qui est important, c’est qu’après qu’ils acceptent de venir sur la table des négociations et éviter les problèmes qu’on a eus sur le manque de dialogue sur les processus électoraux. Parce que l’enjeu principal, l’objet des contestations est toujours lié au processus électoral. Il faut comprendre que cela va prendre du temps, qu’on puisse se concerter à l’intérieur de l’opposition. »

Dans tous les cas, décrypte le sociologue, « c’est une grandeur au lendemain d’une élection de dire : ’’Je tends la main à tout le monde pour que nous puissions nous mobiliser autour de ce qui fait le sens dans une Nation’’. C’est cela le plus important au lieu des bagarres partisanes. Aujourd’hui, le chef de l’Etat est au dessus des appartenances partisanes et des partis politiques, il doit gouverner pour tout le monde. Il va s’en dire qu’il faut qu’il fasse appel à toutes les forces vives de ce pays afin que nous puissions ensemble avancer dans un processus qui nous est tous profitable. » Surtout, soutient Jean Martin Coly, qu’il avait la possibilité de dire : « J’ai gagné donc je gouverne, j’administre et de je décide ».

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