MACTAR SILLA : « DANS NOS PAYS, IL N’Y A PAS UNE VISION ÉMERGENTE DES MÉDIAS »

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MÉDIAS EN AFRIQUE

L’agence Global Mind Consulting, partenaire de Forbes Afrique et spécialisée dans le conseil en relations publiques et en accompagnement des organismes publics et privés a organisé hier, jeudi 4 juin la première édition de Global Mind Talk autour du thème : "Comment favoriser l’émergence des médias d’Afrique ?".

Plusieurs grands noms de la presse africaine comme Adama Wade, Zyad Limam, Constant Nemale, Mactar Silla, Alain Foka, Marie Roger Biloa... ont ainsi pris part à ces échanges.

Analysant la composition des promoteurs de la presse africaine, notre compatriote Mactar Silla fait remarquer qu’ils sont généralement constitués d’hommes politiques, de religieux, et peu de professionnels du secteur des médias. « Dans la plupart de nos pays, il n’y a pas une vision émergente des médias. Si on faisait une analyse typologique des détenteurs de licences, on se rendrait compte que la plupart sont soit des homes politiques, soit des hommes religieux, rarement des opérateurs économiques et une portion congrue des véritables professionnels », déplorera-t-il.

Sur la question de la nécessité de mobiliser davantage les entreprises du secteur privé africain dans le financement des médias du continent, l’ancien Directeur général de la RTS fait un constat froid. Pour lui, « il y a un complexe congénital, un masochisme étatique... . Comment se positionner sur le continent africain ? Le positionnement, il est là, avec du contenu africain, en utilisant au moins deux langues que sont l’Anglais et le Français, en proposant un programme qui sort du cadre traditionnel avec la politique et autres sujets que l’on voit, en construisant une véritable équipe internationale (...) Le secteur privé africain aussi, il faut qu’il se rende compte. Certains ont souvent peur du fisc, d’autres vous diront qu’ils ne comprennent pas les enjeux de la presse... Ils pensent que c’est une dépense, plus qu’un investissement, il y a tout un travail de persuasion et de conviction à faire. »

Le Sénégalais plaidera d’ailleurs pour la création d’un réseau panafricain et à l’ouverture vers des fusions et vers la constitution d’alliances entre groupes de presse du continent. C’est, à son avis, le chemin à prendre pour léguer quelque chose de pérenne à la jeunesse africaine.

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