image

« MALGRÉ LES SUBVENTIONS, L’ÉTAT NE PEUT PAS MAÎTRISER LES PRIX » (BOUBACAR CAMARA)

image

Boubacar Camara Kamâh, président du mouvement "JENGU" et leader de la coalition "TABAX" était l’invité du Jury du Dimanche. Sur les ondes de la 90.3 Iradio, il est revenu longuement sur la hausse des prix de l’énergie au Sénégal. « Face à la persistance de la crise internationale qui renchérit de plus en plus les cours des matières premières et affecte l’économie mondiale, une analyse de la situation commande à repenser la subvention que l’État apporte aux différentes structures des prix de l’électricité, du gasoil et du supercarburant », écrivait le communiqué du ministère du Pétrole et des Énergies. Avant d’ajouter : « le gouvernement a décidé de procéder à une réduction de cette subvention pour l’orienter vers les couches les plus vulnérables, donner de l’électricité aux localités qui n’en ont pas et investir dans d’autres secteurs ; car les consommateurs les plus nantis vont les soutenir ». D’après eux, « cette réduction de la subvention nécessitera inéluctablement un réajustement sur certaines catégories d’usagers d’électricité, de gasoil et de supercarburant ».

Interpellé sur cette question, Boubacar Camara commence par dire que sur l’énergie, « le bilan est mitigé ». « Ce qu’ils ont fait aujourd’hui sous la pression des bailleurs forcément est pour avoir la possibilité d’aller sur les marchés pour financer le déficit budgétaire qui est de 5,5%, ils sont obligés de se délester de ces subventions, de récupérer de l’argent. Ils vont récupérer 158 milliards. Il faut comprendre que dans cet argent récupéré, l’État perçoit des taxes. Donc, c’est plus que 158 milliards. L’État gagne de l’argent dans cette opération », a-t-il déclaré. Il explique : « le coût d’acquisition de l’électricité et des hydrocarbures n’a pas baissé comme on a augmenté la disponibilité du coût. C’est deux volets. Il faut que le produit soit disponible et que le coût soit accessible. Étant donné que le coût n’est pas accessible c’est-à-dire si on répercute le coût de revient au consommateur le prix aurait été de 1063 francs le litre et de 1093 francs le litre respectivement pour le gasoil et l’essence ».

Avant de continuer : « l’État ne pouvant pas accepter cela, subventionne pour que les prix soient à 663 francs et à 880. Cette subvention est considérée comme une charge anormale par les bailleurs de fonds. On vous dit enlevez la subvention surtout que vous voulez aller sur le marché pour aller chercher de l’argent ». À la question de savoir qu’est-ce qu’il aurait fait à la place de l’État ? Il a rétorqué : « je réduis l’ensemble des dépenses qui renforce la consommation inutile de l’énergie. Faire la promotion du solaire. Il y’a des industries qui sont très consommatrices et qui utilisent le réseau de la Senelec. Aujourd’hui, l’effacement doit se faire par le solaire. Toutes les industries qui utilisent le réseau de la Senelec doivent s’effacer pendant les heures de pointe. Faire la promotion du solaire en laissant tomber toutes les taxes et en cassant ce qu’on appelle le contrat d’achat d’énergie ».

Devant le Jury du Dimanche, il estime que malgré les subventions, l’État ne peut pas maîtriser les prix au Sénégal. « Parce que, soutient-il, ce n’est pas avec les taxes au cordon, ce n’est pas avec ces genres de mesure qu’on va y arriver. Il faut subventionner directement les consommateurs, augmenter leur pouvoir d’achat et prendre des mesures structurelles qui permettent de transformer ton économie, qui permettent d’avoir de l’énergie ».

Cheikh Moussa SARR
Pape Doudou DIALLO (Photo)

8 janvier 2023


------------------------------------

Vous pouvez réagir à cet article