MALI, GRAND CORPS MALADE

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LECTURE

Grandeur et décadence. Le Mali tombe de charybde en scylla. De mal en pis. Au point que c’est faire insulte à l’histoire que de convoquer l’un des plus beaux empires que des mains périssables avaient tissées enye le13ème et le 14ème siècles. Le Mali voisin fit partie de cette épopée. Mais c’est un passé lointain. Il n’en reste quasiment rien. Tout est à vau-l’eau.

La violence et l’enchaînement des crises protéiformes qui s’abattent sur l’ancien Soudan français sont annonciatrice d’une désintégration pure et simple. Même si le pire n’est jamais sûre, on est en face d’un pays d’une convenance superficielle sans fin dont les signes de délitement sont évidents. Violences djihadistes, perte de souveraineté, pogroms interethniques, corruption généralisée, capitulation morale : les ingrédients et le cocktail sont explosifs. Et comble de malheur, le chef suprême, IBK, a toujours été en apesanteur. Il ne contrôle plus rien.

Face à lui, le trublion Dicko, ancien acolyte et nouvel ennemi irréductible. À Bamako, non loin de Koulouba, il a installé la dualité. En juges de paix venus apaiser les mœurs, les 5 chefs d’État n’ont pas eu davantage de baraka que la mission de médiation de la CEDEAO. C’était peine perdue. Ils sont arrivés avec la même recette et le même protocole en matière de démocratie et de bonne gouvernance dans l’espace communautaire. C’est une ligne Maginot que de demander le départ avant la lettre d’un Président de la République élu au suffrage universel. Les coups d’État sont inacceptables, tranche Issoufou. Sur ce point précis, on laisse les choses en l’état.

En énonçant des mesures fortes à l’issue du sommet extraordinaire organisé par visioconférence ce lundi 27 juillet. Les premiers échos ne sont pas révolutionnaires. Surtout pas de ligne rouge, ni de boîte de Pandore, ni turpitudes. Les éclaboussures, désormais, sont transfrontalières. Et d’ailleurs, l’imam et sa coalition baroque n’ont pas encore une idée de la suite à donner en cas de renvoi d’IBK.

Somme toute, le Mali, c’est l’autre nom de la malédiction. La bénédiction remonte à Mathusalem. Le pays s’est démembré. Et n’a plus rien en partage avec le bel empire de jadis. Celui de Soundjata Keita ou Kankou Moussa qui produisit la première constitution que le monde a jamais connue. Immensité et petitesses. IBK, Dicko et la la CEDEAO dansent au bord du précipice.

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