MALICK THIANDOUM : « LA LUTTE RISQUE D’ALLER VERS SES 4 APPUIS »

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SPORT

L’arrivée très prochaine du ramadan dont le démarrage est prévu entre le 5 et 6 mai 2019 suivie de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) Egypte 2019 (21 juin-19 juillet) ne fera pas les affaires de la lutte déjà plombée par la crise, selon l’analyse de Malick Thiandoum, journaliste sportif au groupe Emedia Invest.

« Cette saison est un peu compliquée, diagnostique-t-il, dans un entretien accordé à emedia.sn. Déjà avant l’ouverture, il y avait une crise qui était là entre l’association des lutteurs en activité et le CNG de lutte. Il a fallu que le ministre des Sports fasse les assises de la lutte pour pouvoir désamorcer la crise. Ce qui a conduit à certaines réformes. C’est d’ailleurs ce qui a amené un peu de retard dans le démarrage effectif de la saison. »

Deuxièmement, ajoute-t-il : « La saison est compliquée dans la mesure où l’on va vers le mois de ramadan. Ensuite, il y a la CAN Egypte 2019, qui aura un impact réel dans l’organisation de combats. » Déjà, indique-t-il, « cela a poussé les organisateurs du combat Boy Niang 2 vs Lac 2 a décalé leur date. Donc, l’un dans l’autre, cela crée, déjà, un problème dans le calendrier. »

La troisième chose qui plombe les ailes de l’arène, poursuit Malick Thiandoum : « C’est qu’il n’y a plus ces promoteurs qui étaient spécialisés dans l’événementiel parce qu’il fut un temps où Gaston Mbengue, Luc Nicolaï, Alioune Petit Mbaye, s’arrachaient les grosses affiches. Mais, à l’époque c’était quand même avec le concours de sponsors leaders. Aujourd’hui, tous les grands sponsors ont déserté l’arène. Il n’y a que des miettes que se partagent les promoteurs. Ce qui fait qu’il est actuellement difficile de monter des combats d’envergure parce que les combats dits chocs sont le fruit d’un montage financier sous-tendu par un sponsoring assez conséquent.

Saison blanche en vue

Malheureusement, il n’y a plus de sponsors qui injectent certaines sommes dans l’arène. Aujourd’hui, il y a beaucoup de ténors qui sont en train de chômer, qu’il s’agisse de Tapha Tine, Gris Bordeaux, Bombardier, Sa Thiès, Siteu, pour ne citer que ceux-là. Il y en a beaucoup qui n’ont pas encore de combats et qui risquent de ne pas descendre dans l’arène, cette saison.
Aussi, déplore-t-il : « D’habitude, chaque 4 avril, on avait un grand combat. Pareil en début d’année. Le 1 janvier, on avait un grand combat.

Malheureusement, cette tradition est en train de disparaître parce que les affiches se font rare et puis ceux qui montent les grosses affiches choisissent généralement de les programmer vers la fin de saison c’est-à-dire au mois de juin, juillet. Parce qu’il faut une longue préparation, de cinq (5) voire six (6) mois. Comme je l’ai dit avec la recherche de sponsors, ils sont obligés de programmer en fin de saison. C’est la principale difficulté pour les promoteurs, il n’y a plus de sponsor leader. Une fois que les sponsors atteignent leurs objectifs, ils désertent l’arène et vont voir ailleurs. »

Pour décanter au plus vite la situation, le journaliste sportif recommande « de revoir l’organisation de ces combats-là mais aussi de revoir un peu le mode de sponsoring au niveau de la lutte. Il y a aussi une solution alternative que les promoteurs ont trouvée avec le pay-per-view qui est une source d’entrée d’argent pour les promoteurs parce que c’est clair que le sponsoring ne paie plus. Il faut trouver un palliatif avec Luc Nicolaï qui en est l’initiateur. Ensuite, il y a eu Gaston Mbengue qui lui a emboîté le pas. Puis, c’est un créneau porteur mais avec beaucoup de conséquences pour les consommateurs que nous sommes. On est habitué à de grands rendez-vous sur le petit écran.

Maintenant, s’il faut priver les gens de cela, ça pose problème également. Donc, il faudrait que l’Etat intervienne parce que c’est vraiment la solution pour pousser les entreprises nationales à sponsoriser notre sport national sans quoi la lutte va vers des lendemains très difficiles. »

Malick Thiandioum de poursuivre : « On a de sérieux problèmes parce qu’un Balla Gaye 2 qui est quand même une cible très prisée et dont les affiches se vendent très facilement, n’a pas encore de combat et risque de ne pas lutter pour la fin de saison. Ce qui est dommage. Tapha Tine, aussi, est resté une ou deux saisons sans descendre dans l’arène. Bombardier, l’ancien roi des arènes, peine à trouver un combat. C’est vraiment un réel problème parce qu’il n’y a pas assez de promoteurs d’événementiel. En général, ceux qui sont versés dans l’événementiel, dès qu’ils ont un seul grand combat, c’est fini. Ils mettent toutes leurs forces là-dessus. Ce qui fait qu’il y a une crise qui est en train de couver et si on n’y prend garde, la lutte risque d’aller vers ses quatre (4) appuis. »
Heureusement, rassure-t-il : « On va quand même vers une fin de saison assez explosive avec le combat royal, Modou Lô vs Eumeu Sène, Lac de Guiers 2 vs Boy Niang 2 et puis les grandes affiches de Luc Nicolaï, Gris Bordeaux 2 vs Reug Reug, en plus d’autres affiches alléchantes pour le 16 juin. »

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