MAMADOU DIAKHATÉ, ALIAS JUNIOR NIINTCHE, SOLDAT AU FRONT CONTRE COVID 19

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Il a enfilé son uniforme pour aller à l’assaut du coronavirus. Savons, masques, gel antiseptique et gants, sont les différentes armes qu’il utilise pour vaincre cet ennemi invisible, infiniment petit qui sème peur et panique dans le monde. Lui, c’est Mamadou Diakhaté plus connu sous le pseudonyme de Junior Niintche. Instituteur à ses heures perdues, infatigable combattant des causes citoyennes dans la vie de tous les jours.

Les écoles fermées pour éviter la propagation du virus, Junior Diakhaté, enseignant de profession, a rangé livres, cahiers, stylos, craies et règles à la bibliothèque et, est descendu sur le terrain pour faire face à l’ennemi commun du monde entier. Déterminé, il parcourt chaque jour des kilomètres pour sensibiliser les populations de grand-Dakar sur la maladie et ses conséquences désastreuses. Ce, avant même les mesures prises par le Gouvernement.

Célèbre sur le réseau social Twitter où il a fini de jouir d’un capital sympathie énorme grâce à la magie de ses actions citoyennes, Diakhaté est à l’avant-garde de tous les combats : nettoyage des rues, sensibilisation, coronavirus, talibés... Il n’attend jamais personne pour montrer le chemin par l’exemple. « Nous avons commencé la sensibilisation bien avant le premier cas qui a été détecté au Sénégal », explique-t-il. Marié et père d’un enfant, Junior n’a pas de temps de répit. Bloqué dans son élan de nettoyage et de peinture de plusieurs grandes artères de Dakar et sa banlieue à cause de la propagation du coronavirus, il s’est engagé à combattre le virus parti de Wuhan, en Chine.

Aidé de cinq amis, il a initié, à Grand Dakar, cette grande campagne de sensibilisation qui tourne sur les mesures de prévention simple. C’est-à-dire aider la population à avoir la bonne information contre le Convid-19. Car, à son avis, l’information doit être une arme qu’on doit utiliser pour lutter contre la maladie. « C’est ce que nous sommes en train de faire chaque jour sur le terrain à Dakar et un peu partout au Sénégal. Donc, dans chaque ville du Sénégal, nous avons 100 volontaires qui œuvrent dans la sensibilisation et dans la distribution de kits », dit-il.

Challenge : Un million de masques

Junior n’entend personne pour mener le combat pour la propreté dans sa localité. Il mène ses activités grâce aux dons des bonnes volontés qui l’encouragent et le soutiennent dans sa lutte. « Au début, on avait mis en place un abstract proposé au ministre de la Santé qui incitait les volontaires à sensibiliser chez eux. Mais nous n’avons pas eu de retour », regrette-t-il. Toutefois, il ne se décourage pas. Car, soutient-il : « nous le faisons pour le pays. Avec ou sans moyen, on va continuer chaque jour, à lutter contre cette maladie ». Guerrier engagé et déterminé à prendre le dessus sur la maladie, Junior Diakhaté s’est fixé un défi qu’il compte relever.

Ce challenge : c’est la généralisation des ports de masques dans toute sa localité. Son objectif c’est distribuer un million de masques. « On va passer à la vitesse supérieure en fabriquant des masques locaux qu’on va distribuer gratuitement. On en a déjà confectionné 70 mille et dans la semaine, on veut atteindre la barre d’un million. On a les tissus et on était en train de voir avec les tailleurs de la commune comment faire pour confectionner ces masques le plus rapidement possible et, on est en train de réussir », se réjouit-il fièrement.

En effet, ce n’est pas la première fois que Junior mène des combats citoyens de ce genre. Avant la pandémie, il était déjà dans la sensibilisation. Il fait partie des initiateurs du projet « Clean-up challenge » qui est un concept similaire à celui du « cleaning-day », initié récemment par l’Etat pour rendre propre tous les quartiers du Sénégal. Une anecdote : Junior avait un jour, à lui, seul, nettoyé le jardin qui se trouve au niveau du rond-point case-bi avant d’y implanter des arbres en guise de décoration.

Pour comprendre l’essence de l’engagement patriotique de Junior, il faut remonter à son enfance. Même s’il n’a jamais fait le service militaire, il a eu une éducation militaire. « Je suis fils d’un militaire. J’ai été éduqué par un militaire très rigoureux qui nous inculquait toujours les valeurs patriotiques. Mon père nous exhortait à respecter les institutions et les biens publics. C’est cela qui vit en moi et j’en suis très fier », dit-il tout en remerciant son père pour cette éducation. Une éducation qui l’a formé dans l’accomplissement de ses devoirs citoyens.

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