MANIFESTATIONS AU TCHAD : LE POINT DE LA CHAUDE MATINÉE

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AFRIQUE

L’opposition tchadienne manifeste depuis 4H 30 du matin à N’Djamena, la capitale du pays aux sons de sifflets et de concert de casseroles. Les troubles continuent dans la ville où des coups de feu sont tirés et entendus dans plusieurs quartiers où les forces de l’ordre font des patrouilles.

Un homme a été tué par balle à Moundou, dans le sud du Tchad, selon plusieurs médias locaux.

Une femme est également décédée dans la capitale N’Djamena, selon le procureur Youssouf Tom.

Elle se trouvait dans un bus qui a été attaqué par des manifestants, précise le magistrat.

On note une trentaine de blessé avec un bilan provisoire qui pourrait s’alourdir.

Les manifestants brûlent des pneus et des drapeaux français. Ils brandissent des pancartes avec les slogans " Oui à un dialogue inclusif", "Non à la monarchisation du pouvoir", "Nous exigeons la dissolution du CMT, "Non au néocolonialisme français", "Macron missionnaire de la Françafrique".
Une station service française a été mise à sac dans le 9ème arrondissement de N’Djamena.

Plusieurs personnes disent avoir vu la police antiémeutes et des éléments de la garde présidentielle dans les quartiers.

La Convention tchadienne des droits de l’homme, une ONG locale, a partagé avec BBC Afrique plusieurs photos de personnes apparemment blessées par des tirs à balles réelles.

L’accès à internet et aux réseaux sociaux est restreint.

L’artiste Ray’s Kim, une des figures de proue des manifestations, est blessé au pied gauche. Une information confirmée à BBC Afrique par le blogueur et artiste Deub Zyzou, dont il est proche.

Sur une photo partagée par Tchadinfos.com on le voit coucher sur un lit d’hôpital.


Pourquoi y a-t-il des manifestations ?

La société civile et certains partis d’opposition appellent à des manifestations dans tout le pays contre le Conseil militaire et demande un retour de l’ordre constitutionnel. Ils dénoncent la partialité de la France, accusée de soutenir une supposée succession dynastique dans leur pays.

Un Conseil militaire de transition dirigée par le fils du défunt président, Idriss Deby Itno, Mahamat « Kaka », général de l’armée, est à la tête d’un régime de transition de 18 mois.

Le président du parti Transformateurs, Succès Masra, et d’autres membres de la coalition Wakit Tama souhaitent un dialogue inclusif et le transfert du pouvoir aux civils.

Le conseil militaire a nommé lundi un premier ministre civil, mais l’opposition souhaite un gouvernement civil à part entière.

Les membres de la coalition et les organisations de la société civile se sont réunis lundi matin.

Macron condamne "la répression"

Le président français Emmanuel Macron condamne la "répression des autorités de transition" "avec la plus grande fermeté". Il ajoute que la France soutient une « transition pacifique, démocratique et inclusive » et qu’il n’est « pas pour un plan de succession ».

Le président tchadien Idriss Deby est mort la semaine dernière des suites de blessures sur le champ de bataille, selon la version officielle.

La junte militaire a publié un communiqué hier soir pour interdire toutes les marches et manifestations.

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