MANQUE D’EAU : GRAND-YOFF CRIE SA SOIF

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DAKAR

Comme plusieurs autres zones de la capitale sénégalaise, Grand-Yoff ressent durement les affres du manque d’eau, surtout en cette période de chaleur. Ici, dans le populeux quartier d’Arafat, l’eau ne coule plus du robinet depuis deux semaines. Pour se procurer le liquide précieux, il faut parcourir des kilomètres ou débourser. Pire, entre la proximité observée sur place, le non port de masque et le manque d’eau, un cocktail explosif est réuni dans ce contexte de coronavirus.

Les images frappent. Un trio de gamin mutualise ses efforts pour pousser une brouette remplie de bouteilles d’eau, à l’entrée du quartier Arafat. Chez les Kandé, originaires de Kolda, qui nous ouvrent leur porte, c’est la panne sèche. Et la situation est durement vécue.

"On est éreintés. Avant on se réveillait vers 03 heures du matin pour remplir nos réservoirs. Mais cela fait plus de deux semaines aujourd’hui qu’aucune goutte ne coule, ni le jour, ni la nuit. Avec nos bassines, et bouteilles, on se rend aux HLM Grand-Yoff ou dans les écoles pour en trouver. Garçons et filles, petits et grands, tout le monde participe. Ces derniers jours, on se cotise pour acheter de l’eau aux charretiers. C’est 3 000 F CFA, tous les jours. Le fût à 1 500 F CFA. Ce soir, le charretier a décommandé. On devra, donc, patienter jusqu’à demain", se plaint Dionto Kandé.

A l’opposé de chez les Kandé, c’est une longue file de jeunes filles, de garçons et de dames, positionnés à l’aide de leurs bassines, bouteilles ou bidons encore vides, qu’on observe jusqu’aux limites de la Mosquée du quartier. "C’est comme ça dans tout Arafat", nous souffle cet homme, qui vient d’en sortir après la prière de Takussan (17 heures).

On apprend sur place que, la population, excédée, a fini par assiéger la rue, manifestant son trop plein de colère, jeudi matin. Les femmes en première ligne ont bloqué la circulation sur la route menant vers le pont. Devant une telle situation devenue intenable, "le maire a acheté un tuyau, invitant les populations à venir remplir leurs réservoirs chez lui", renseigne Vieux Thiam, un résidant. Des camions citernes sont également mis à contribution. Des solutions provisoires en attendant de régler le problème.

SEN’EAU est interpellée.

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