MARAM KAÏRE : « LA CONJONCTION EST DÉJÀ SOURCE DE POLÉMIQUES »

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CROISSANT LUNAIRE

Contacté par emedia, le président de l’Association sénégalaise pour la promotion de l’Astronomie (ASPA), Maram Kaïré, est revenu sur le sens de son appel à l’endroit des différentes commissions sur le croissant lunaire. Dans son argumentaire, il a souligné que la configuration du moment de la conjonction, marquant la fin du cycle lunaire et le début du mois de ramadan, est déjà sources de polémiques.

"C’est un appel à l’unité, à l’harmonisation des différentes positions. Vous savez en tant que citoyen avant toute chose et fidèle musulman également, nous avons entendu pas mal de déclarations et vu pas mal de communiqués et de déclarations depuis le rappel à Dieu de Mourchid Iyane Thiam, qui ont fait état d’une division au sein de la CONACOC, a expliqué l’astronome. Et, si on s’en tient par rapport à ce qui a été dit, on se rend compte en fait qu’il y a un problème lié à la succession ou à la coordination de cette commission. Ça, c’est un cas par rapport à d’autres problèmes qu’on a l’habitude de voir à l’approche du ramadan, pour la Korité ou la Tabaski. Des problèmes d’interprétations par rapport à l’observation du croissant lunaire, certains qui veulent observer uniquement dans le cadre du territoire sénégalais, d’autres qui tiennent compte des informations (venant) d’ailleurs. Tout ça fait un ensemble de problèmes récurrents, qui se répètent quasiment chaque année, et qui mettent parfois les musulmans dans des situations très difficiles."

Des querelles qu’il faut solder d’autant plus que la conjoncture, marquant la fin d’un cycle lunaire et le début d’un nouveau mois, est déjà source de polémiques. Car a-t-il soutenu dans sa contribution parvenue à Emedia : "cette année 2021, la configuration du moment de la conjonction risque de nous imposer un démarrage du Ramadan à double vitesse à travers le monde. Une situation identique à ce que nous avons connu en 2015. Et ce sera déjà source de polémiques que risquent d’amplifier les divergences entre les commissions si elles persistent."

Concrètement a-t-il détaillé, interrogé par Emedia : "si aujourd’hui, nous tenons compte de ce mois de ramadan qui arrive, la conjonction va se produire à 02 heures du matin, très proche de minuit. La conséquence, c’est que certains pays seront déjà dans la journée du 12 avril, et d’autres seront dans la journée du 11 avril, au moment où la conjonction va se produire. La conséquence, c’est au moment du coucher du soleil, pour la journée du 12, certains pays seront dans une situation où ils ne peuvent pas voir la lune, et d’autres seront dans une situation où la lune peut être observée. C’est ça qui amène parfois les démarrages à deux vitesses à travers le monde. Donc, tout ça est déterminé par le moment de la conjonction. Si ça se produit très tôt dans la nuit vers minuit jusqu’à deux ou trois heures du matin, ou si la conjonction se produit très tard, juste avant le coucher du soleil, tout ça a un impact sur quel pays peut voir la lune et quel pays ne peut pas voir la lune. Pour ce cas de figure, on risque d’avoir deux démarrages à travers le monde, en fonction de l’heure de la conjonction, et cela va amener pas mal de problèmes. C’est pour ça que je disais en fait si ce cas-là qu’on a connu en 2015 se reproduit cette année avec une conjonction qui se passe très tôt, à deux heures du matin, des parties du monde vont démarrer plus tôt que d’autres si on doit rajouter derrière des problèmes de commissions qui ne veulent pas travailler ensemble, ça risque de créer plus de problèmes. C’est pour cela donc qu’on a dit qu’il fallait vraiment aller dans un consensus, avant le début du ramadan pour éviter aux populations de se retrouver dans des situations difficiles ou (elles) ne sauront pas à quel moment il faut jeûner ou finir le mois de ramadan, ou pour célébrer la Tabaski, ainsi de suite."

Aux dernières nouvelles, la réunion convoquée ce mardi, 6 avril, au ministère de l’Intérieur, a abouti à la mise en place d’un Comité de pilotage transitoire co-présidé par les protagonistes autour de la succession de Mourchid Iyane Thiam, défunt coordonnateur de la Commission nationale de concertation sur le croissant lunaire (CONACOC) : Ahmadou Cissé Ndiéguène, Dr Mohamed Bouchra Dièye et El Hadj Oumar Diène.

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