MARCHE DE L’OPPOSITION : BEAUCOUP DE MONDE, PEU D’ORGANISATION

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PRÉSIDENTIELLE 2019

L’opposition réunie autour du Front de résistance nationale (Frn) était dans la rue ce vendredi. Elle a marché du rond-point casino aux allées du centenaire pour exiger l’acceptation, sans exception, de toutes les candidatures déclarées à l’élection présidentielle de février 2019, la disqualification du ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye pour l’organisation de l’élection présidentielle.

Egalement, elle demande la distribution correcte des cartes d’électeurs et la disponibilité du fichier électoral. La mobilisation a été très forte mais la bataille de positionnement a fait rage entre les militants de Khalifa Sall et ceux de Karim Wade. Chacun voulait être devant. Les soutiens de Khalifa Sall ont même démarré la procession avant le coup d’envoi. Un acte déprécié par les partisans et militants de Karim Wade. « Ne les suivez pas. Laissez-les partir. De toute façon, ils ne sont pas nombreux », crie un partisan de Karim Wade, dégoulinant de sueur. Au fur et à mesure que la foule avance, les militants de Karim Wade pressent le pas et devancent ceux de Khalifa Sall.

Bataille de positionnement entre pro Karim et pro Khalifa

La bataille de positionnement pour occuper la première place est ouverte entre les militants des deux formations politiques qui ne font plus une marche mais plutôt une course. « Ce n’est plus une marche ça ! », déplore un homme, la quarantaine donnée, habillé d’un tee-shirt vert à l’effigie de l’ancien maire de Dakar. « Les soutiens de Karim Wade veulent occuper les premiers rangs. C’est une stratégie qu’ils ont adoptée maintenant. On ne va pas l’accepter », répond un autre militant de Khalifa Sall. « C’est la jeunesse qui élit et, elle est avec Khalifa Sall », crie une dame, tenant une pancarte sur laquelle on peut lire : « Khalifa président, non à la dictature ». La rivalité a atteint son paroxysme entre les pro-Khalifa et les pro-Karim. Clédor Sène, Toussaint Manga (Pds), Mohamed Massaly (Pds), Ahmadou Kourouma (Grand Parti) tentent, vainement de raisonner les jeunes. C’est le désordre total. Ça court dans tous les sens pour être devant.

Les militants du Pds ont réussi leur pari. Visiblement plus nombreux, ils occupent la première place. Les militants des partis comme le Pur, le Pastef et le Rewmi sont les derniers. « Ce n’est pas une course. Nous marchons correctement. Nous ne sommes pas dans les batailles de positionnement. La candidature de notre leader a été validée ce matin par le Conseil constitutionnel. C’était cela l’essentiel. Le combat continue », déclare Pape Abdou Guèye, un militant de Pastef.

Les leaders n’ont pas marché

Les leaders, eux, ont été invisibles durant toute la procession. Seuls Amsatou Sow Sidibé et Mamadou Diop Decroix ont rejoint la foule à la Place de la Nation. Quant à Omar Sarr, Aida Mbodji, Bamba Fall, Serigne Mbacké Bara Dolli, ils attendaient la foule aux allées du Centenaire, point de chute de la marche.

Ils ’exprimeront sur place. « Nous luttons pour la transparence des élections. Nous n’accepterons pas un hold-up électoral », prévient le maire de Médina. Aida Mbodji, pour sa part, exige la libération des prisonniers politiques Karim Wade et Khalifa Sall. Là où Cheikh Gueye émet des doutes sur « la crédibilité » des membres du Cnra. Prenant la parole, Mamadou Diop de Croix demande aux militants des différents partis présents à la marche d’investir la rue « si on veut écarter un candidat déclaré à l’élection présidentielle ». Déthié Fall, après s’être félicité de la « la forte mobilisation », a jeté des piques dans le jardin de Macky Sall. Ce dernier, selon lui, est en train de poser des jalons pour se maintenir à la tête du pays « par tous les moyens ».

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