« Je recevrai un chef d’Etat africain parce que je pense que l’Afrique doit avoir une place plus importante dans le concert des nations ». C’est Marine Le Pen qui, sur le plateau de RTL, lève ainsi un coin du voile sur ses rapports avec l’Afrique, une fois élue à la présidence française. La candidate du Rassemblement national qui va affronter le candidat sortant Emmanuel Macron au second tour du scrutin, a promis de parler de cela entre les deux tours.
A la question de savoir lequel des chefs d’État africains elle va recevoir en premier ? Marine Le Pen sert du : « Je verrai… », avant d’être un peu plus précise pour dire : « peut-être Macky Sall du Sénégal… ».
Qu’est ce qui a changé sous le soleil du Front national au point que la fille de Jean Marie Le Pen se prononce ainsi sur l’Afrique ? Marine Le Pen est-elle devenue plus réceptive vis-à-vis de l’Afrique ? La question est loin d’être saugrenue.
En tout cas, si le continent africain est absent des "22 propositions" du programme de la candidate du Rassemblement national, il est néanmoins largement présent dans les dossiers thématiques que Marine Le Pen et son équipe ont rédigés.
"Contrôler l’immigration" est l’une des thématiques qui figure en bonne place. Pourquoi ? La candidate s’y inquiète de la pression démographique sur le continent africain qui, ajoutée aux problèmes de "mauvaise gouvernance", de "tensions" et de "changements climatiques" font de l’immigration l’un des "défis du XXIe siècle".
L’Afrique apparaît également dans le dossier thématique consacré à la défense et intitulé "Réarmer la France-puissance". Marine Le Pen propose également un "aggiornamento radical" de la philosophie des opérations extérieures de la France, notamment en Afrique, mettant en avant "la realpolitik plutôt que le sentiment". Sans oublier la francophonie qu’elle considère comme un "instrument privilégié de l’influence française dans le monde".
M. THIOBANE
14 avril 2022