MATAR SYLLA : « LES MÉDIA DOIVENT ÊTRE CONSIDÉRÉS DANS TOUTES LES PERSPECTIVES DE DÉVELOPPEMENT »

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VISITE DE L’ANCIEN DG DE LA RTS À EMEDIA

L’ancien Directeur de la Rts, Matar Sylla, était dans les locaux de Emedia pour une visite de courtoisie. L’occasion a été saisie pour recueillir son avis sur l’actualité fortement dominée par la crise sanitaire, liée à la pandémie de la Covid-19, qui n’a laissée aucun secteur indifférent y compris les média.

Selon lui, une crise comme celle-là aura forcément un impact négatif sur les médias. Parce que, beaucoup d’activités sont arrêtées. Le transport aérien, avec la fermeture de toutes les frontières, en est une parfaite illustration. Ce qui fait qu’il y a un manque énorme à gagner. Mais, selon lui, cela ne devrait pas pousser les pouvoirs publics à abandonner les médias. Ils doivent les soutenir du fait du rôle qu’ils jouent auprès des populations. « Le fait que tout le monde soit confiné, et que tout le monde soit devant son petit écran ou écoute la radio, montre que dans une période de crise, le socle qui unit les familles, les peuples, c’est d’abord les médias. On ne le comprend pas souvent. Mais, la réalité est là », a-t-il déclaré. L’ancien patron de la Rts de poursuivre : « Les médias ont une place essentielle à jouer et doivent être considérés comme une priorité dans toute perspective de développement national. S’il faut qu’il y ait une émergence, il faut commencer par une vision émergente des médias. Qu’ils soient dotés de moyens, qu’ils soient aussi mis à leur place. Les médias doivent être accompagnés pour qu’il y ait des champions médiatiques ».

« La régulation du secteur de l’audiovisuel, une nécessité »

Matar Sylla, qui peut être considéré aujourd’hui, comme un doyen de la presse sénégalaise, a aussi prodigué des conseils pour une avancée du secteur de l’audiovisuel. Pour lui, les médias ne peuvent émerger en Afrique, Sénégal en particulier, dans le désordre. « Il y a un problème fondamental qui se pose, c’est la régulation. Il faudrait mettre de l’ordre. Tout le monde ne peut pas venir et faire ce qu’il veut. Il faut parvenir à avoir un espace organisé entre principaux intervenants, entre le secteur public et le secteur privé », a-t-il déclaré. Cette régulation, indique Sylla, passe forcément par une définition claire du mode de financement des médias. Il faut régler les questions liées à la publicité. Je suis pour un financement correct et garanti du service public. S’il faut faire un impôt, il faut le faire. Mais en même temps, il faut dégager le secteur public de la publicité pour que les acteurs du privé puissent vivre et avoir une viabilité économique, sans laquelle, le jeu est faussé. Le milieu doit être organisé et optimisé », plaide-t-il.

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