MOBILISATION POUR MADI JOBARTEH, POURSUIVI POUR DIFFUSION DE FAUSSES NOUVELLES

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GAMBIE - SOCIÉTÉ CIVILE

Suite à un commentaire sur les bavures policières et le climat de l’impunité pour les hommes de tenue, Madi Jobarteh, figure emblématique de la société civile gambienne est aujourd’hui poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles. Convoqué et entendu par la police cette semaine, il est convoqué à nouveau lundi prochain. Une poursuite qui hérisse la société civile gambienne qui y voit une tentative de la réduire au silence. Au cours d’une réunion, ses membres ont décrit un tableau sans complaisance de la gouvernance Barrow, notamment en matière des droits humains.

« Nous voulons un véritable changement. Nous luttons pour le respect des droits de l’homme, la bonne gouvernance et la reddition de comptes ». Le poing levé face au pupitre, Madi Jobarteh et compagnie entonnent ensemble des slogans en faveur du respect des droits humains en Gambie. Dans les rangs de la société civile, on ne reconnait plus le chef de l’État sur qui on avait pourtant fondé beaucoup d’espoirs.

« Le président Barrow doit être à l’écoute de son peuple, enjoint Ansoumana Yabo, le président de l’association des organisations de la société civile gambienne face à ses camarades dans la cour de l’organisation. D’ailleurs, il nous avait promis à son élection qu’il nous recevrait périodiquement. Près de 4 ans après, il ne l’a jamais fait. Qu’il sache que nous ne sommes pas contents de sa gouvernance ». Ces défenseurs des droits humains disent constater avec regret que le pays a changé de régime, mais le système est resté le même. Charles Ndiaye, directeur des programmes de TANGO, l’association des organisations de la société civile gambienne.

« En près de 4 ans, le régime a eu tout le temps pour abroger les lois liberticides, mais il l’a jamais fait, s’emporte cette voix qui fait autorité devant un public conquis. Nous y voyons une stratégie délibérée pour faire taire toute contestation ». Pour l’incriminé, il s’agit ni moins ni plus pour réduire au silence la société civile et toute voix discordante mais c’est peine perdue. « Je suis plus que jamais motivé aujourd’hui, lâche Madi Jobareth. Je reste serein dans ma lutte. Cela, ne fait que me conforter dans mes prises de position ».
La société se donne rendez-vous ce lundi devant le commissariat de police où sa figure emblématique est attendue à nouveau.

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