MODIFICATION CODE ÉLECTORAL : UNE LOI TAILLÉE SUR MESURE POUR KARIM WADE ET KHALIFA SALL ?

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LR DU TEMPS

Le code électoral, adopté en Conseil des ministres, le 5 juillet, et par la commission des lois, hier samedi, 10 juillet, sera examiné en plénière demain lundi, 12 juillet, à l’Assemblée nationale.

L’un des invités de Lr du temps, ce dimanche, 11 juillet, sur iRadio, le professeur Ousmane Sène, qui est à la tête du Centre de recherche ouest africain communément appelé WARC, s’interroge : "la question est de savoir est-ce que les acteurs politiques de tous bords veulent en fait qu’il y ait un consensus autour de l’essentiel pour que les élections au Sénégal se passent comme au Cap-Vert ? On va voter, le soir, on donne les élections, et chacun va à son travail."

Il analyse ainsi le débat autour des articles L31 et L32, relative à la privation du droit de vote : "pourquoi ces articles-là, on les identifie à des personnes (Karim Wade et Khalifa Sall) ? Parce que la loi, elle est neutre, elle ne voit pas de personne. Va-t-on changer pour pouvoir introduire Khalifa Sall et Karim Wade à partir de ce moment, vous voulez me dire que vous voulez faire une loi taillée sur mesure pour deux personnes ou bien y-a-t-il eu une injustice quelque part et Khalifa et Karim sont les symboles de cette tentative de faire en sorte que cette injustice soit rectifiée ? Il faut être clair. Les lois, vous ne les faites pas pour les individus, vous les faites et vous leur donnez un caractère universel mais changez ceci parce que je veux que mon candidat passe. A partir de ce moment, vous ne faites pas de la législation, vous faites ce que vous voulez."

Son vis-à-vis, Hamet BA, anthropologue et expert en intelligence des systèmes complexes, ne dit pas le contraire. "Je pense qu’il serait cruel que quelqu’un puisse perdre ses droits civils éternellement parce que le but de la pénologie, c’est de réparer un préjudice ou de corriger quelqu’un. Une fois qu’on a fini de payer sa dette à la société, je pense qu’on devrait pouvoir recouvrer ses droits civiques et politiques. Sur le cas de Karim Wade et de Khalifa Sall, effectivement, on ne peut pas faire de loi taillée sur mesure. Il est important que la loi reste en l’état parce que la loi ne cible pas individuellement Karim Wade et Khalifa Sall. La loi dit juste que pour être candidat, il faut un certain nombre de préalables. Ce qu’il faudrait faire, c’est d’autres dispositions qui permettent justement à toute personne ayant fini de payer sa dette à la société, de pouvoir recouvrer ses droits civils et politiques".

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