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MOINS D’UN SPÉCIALISTE EN CHIRURGIE POUR 100 000 HABITANTS EN AFRIQUE

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Dakar a abrité hier le Symposium international consacré au renforcement des systèmes de soins chirurgicaux, obstétricaux et anesthésiques en Afrique à l’horizon 2030. Cette rencontre se déroule en deux temps, avec une réunion d’experts les 4 et 5 mai, et un sommet des ministres de la santé le 6 mai.

Ce conclave a pour but d’avancer l’agenda de la santé dans la mesure où le continent compte moins d’un spécialiste pour 100 000 habitants. Le directeur exécutif du symposium international, en abordant le sujet, a indiqué que 2% des docteurs dans le monde sont africains alors que l’Afrique compte plus de 20 % de la population mondiale. « Nous sommes 1 milliard 200 millions d’habitants, 1 malade sur 4 dans le monde est africain. Donc, c’est une situation difficile et moins d’un spécialiste en chirurgie pour 100 000 habitants », a-t-il déclaré.

Pierre M’Pélé constate que l’Afrique, dans le domaine de la santé, est un continent pas très outillé. « Malgré cela, le continent a quand-même réalisé des résultats importants dans le domaine de la chirurgie. En chirurgie, le taux de mortalité a chuté de 40% au cours des 20 dernières années. Cela veut dire que malgré les difficultés, nous sommes dans une bonne lancée, une bonne perspective d’améliorer la santé en Afrique », fait-il remarquer. Sous ce rapport, l’organisateur du symposium dit : « Nous travaillons ensemble aujourd’hui sur un domaine avec une composante qui a été un peu négligée en Afrique. Cette composante, c’est la chirurgie, de l’anesthésie obstétrique ».

« Chaque année, 40 millions en termes de besoins d’opérations chirurgicales ne sont pas réalisés en Afrique »
De l’avis de M’Pélé, la pandémie de la Covid-19 nous a montré, dans la majorité de nos pays, la faiblesse de nos systèmes de santé. Les inégalités persistent et ceux qui n’ont pas de moyens ont du mal à trouver des soins de santé adaptés. Les ressources financières manquent, les systèmes de formation en santé encore inadaptés. Nous sommes également dans une période de transition épidémiologique. Et nous passons petit à petit de maladies infectieuses à des maladies non transmissibles.

« Le premier, c’est comment répondre aux défis de l’amélioration des soins chirurgicaux obstétriques et anesthésiques en Afrique. Il y a aussi que chaque année 40 millions en termes de besoins d’opérations chirurgicales ne sont pas réalisés en Afrique. Et nous ne sommes pas encore au niveau recommandé pour l’année 2030, c’est-à-dire être à même de faire 5 000 opérations chirurgicales pour 100 000 habitants. Nous ne sommes même pas encore à 200 opérations chirurgicales pour 100 000 habitants », a-t-il fait savoir.

Suzanne SY

5 mai 2022


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