MORT DE MABOUSSO : UN ESPRIT POSITIF !

news-details
HOMMAGE

Mabousso Thiam, un poids lourd de l’entreprise et du développement a tiré, ce dimanche, sa révérence emporté par le Covid-19. Hélas, un esprit positif quitte ainsi la scène qu’il a occupée non sans brio, à chaque étape de sa riche mais très courte vie.

Fils à papa, issu de la grande bourgeoisie, il a dû pour s’en affranchir, exister par lui-même en nouant de solides amitiés dans les couches populaires de la société sénégalaise. Il était le fils de Habib Thiam dont il portait le prénom du père, jadis riche négociant d’or établi sur la rue Félix Faure dans le Plateau. Rieur, taquin, bon copain, son immersion dans la vie lui avait valu d’être adoubé de beaucoup de gens qui louaient sa générosité d’esprit et sa bonhomie.

Jeune, il était touche-à-tout : théâtre, musique, sport et scoutisme. Ainsi se faisait-il distinguer dans la troupe de l’UNAPES comme un guitariste de charme par ses solos lors des prestations dans les foyers des lycées de Dakar, de Saint-Louis, de Thies, de Kaolack, de Djinabo à Ziguinchor. Tout le monde parlait de lui comme du fils d’un ministre qui a rejoint la lutte pour le "grand soir." Au gré des rappels, il se remémorait des enthousiasmes des années 80 fondés sur des promesses non tenues. Pour autant, il restait ce militant infatigable des bonnes causes. Mais en grandissant, il rejette le radicalisme. Sans renoncer à l’idéal d’équité et de justice. Il nourrissait toujours l’espoir d’instaurer des politiques guidées par l’efficacité et des résultats. Sa trajectoire de vie amorce une subtile inflexion et lui-même s’ouvre à un univers de possibles grâce à son talent et à sa compétence distinctive acquise au gré des expériences engrangées dans de grandes institutions à Bruxelles, à Paris, en Europe et en Amérique du Nord. Il devient consultant international. Son approche des questions de développement frappe certains dirigeants africains en panne d’initiatives qui n’hésitent pas à le solliciter pour l’ébauche de stratégies. Il y réussit et se fait un prénom : Mabousso, se jouant ainsi de son papa, ébloui par sa réussite qui ne passe par la cage "piston".

Ces engagements l’éloignent de la scène politique pourtant encombrée d’hommes et de femmes qu’il a connus et fréquentés et avec lesquels il entretenait des rapports francs tissés lors des épopées. Il découvrait que la financiarisation de l’économie prenait des proportions importantes. Il s’étonnait que les politiques continuaient toujours à entretenir l’ambiguïté vis-à-vis d’un capitalisme qui a achevé sa mue profonde. Pour Mabousso, la démocratie gagnerait en solidité si elle pénétrait l’entreprise comme une conquête, une sorte d’aspiration collective. Regard perçant, visage jovial, Mabousso détenait beaucoup de clés de compréhension de ce monde happé par les turbulences. Il prônait la création de petites et moyennes entreprises (PME), incomparables viviers d’emplois, selon lui, pour réduire le chômage endémique chez les jeunes notamment. Par les qualifications quelles engrangeaient, les PME étaient une réponse à l’adéquation offres et demandes en prévision des évolutions de l’économie de demain. Curieux de tout, Mabousso encourageait toujours les initiatives de créations ou de transformations. A plusieurs reprises, il nous le manifestait, particulièrement à la naissance de notre Groupe, E-Media INVEST qui était à ses yeux un trésor combinant liberté et imaginaire de progrès.

Mamoudou est inconsolable. Alassane tétanisé. Et moi-même abasourdi. Nous entretenions avec Mabousso des rapports fraternels et amicaux tissés autour de son défunt père Habib Thiam au lendemain d’un livre qui lui était consacré par nos soins. Repose en paix cher ami.

Vous pouvez réagir à cet article